– Quoi ?! Un super méga magasin gigantesque Américain à prix cassés va ouvrir à deux pas de la maison ?!!!!! Mais c’est géniaaaaaal !

À cette annonce, j’étais comme une gosse au matin de Noël.

Imaginez-vous… Moi, la mère de 4 enfants, j’allais enfin pouvoir remplir mon caddie dans la même enseigne. Finie la lecture des 150 prospectus pour dénicher le St Graal de la promotion. Terminés les périples fastidieux en quête du top of ze cream on ze cherry cake à 2 roupies le kilo (mais qui est vachement bon quand même).

Cette terre promise de la consommation qui me draguait sans vergogne, c’était COSTCO.

COSTCO, c’est quoi ?!

Pour faire concis, Costco est une petite échoppe de 13 750 m², situé à Villebon-sur-Yvette (91), qui vend de tout en gros format. Et qui dit gros, insinue prix imbattables. Mais ATTENTION ! Toi, le manant, tu ne seras admis en ces lieux que si tu te délestes de 36€ au préalable. Car, oui, tu devras adhérer au club des privilégiés pour que les portes de la cave aux trésors s’ouvrent devant toi. Si tu refuses, alors, tu n’auras d’autre choix que d’écraser ton nez contre la vitrine dans l’espoir d’apercevoir l’ombre d’un tire-pal.

Je n’ai pas réfléchi bien longtemps. En quelques clics, j’ai rejoint la belle communauté idolâtre du géant Américain, sans omettre de refiler mon numéro de CB. Et quelques jours plus tard, ma magnifique carte de membre arrivait à bon port.

Mardi dernier, j’ai traîné Chéri en ces lieux bénis. Le frigo et le congélateur regorgeaient de consommables. PARFAIT !

Quand tes placards sont pleins, ton porte-monnaie ne craint rien.

Une grande stratège nommée Lisa

À notre arrivée sur le parking, c’est la stupéfaction ! Malgré le début de semaine et l’heure matinale, les voitures stationnent en masse. Les gens se prennent en photo devant le magasin comme si c’était ZE PLACE TO BE.
Alors nous avons voulu, nous aussi, marquer ce moment magique par un selfie empli de beaugossitude et dans les règles de l’art. (Béh attends, y’a pas d’raison !)

Avec les lunettes et la moustache, c’est Chéri, hein ! Moi, c’est la naine avec la mèche folle, juste en-dessous.

Avant de passer les portes flanquées d’un vigile et d’une employée de l’enseigne, je dégaine ma carte d’adhérente. Et j’ai bien fait car les deux cerbères nous demandent justement de montrer carte blanche, prêts à nous refouler !
Au passage, nous agrippons un de leurs fameux double-charriots dont j’avais tant entendu parler.

Dedans, c’est immense. Pas de fioritures. Les locaux ressemblent à un entrepôt débordant de marchandises. Les rayons vont du sol au plafond (Conseil : apprends à sauter avant de te rendre chez Costco). Au centre de l’établissement, les étals sont à taille humaine – des tables ou des cartons empilés.J’en ai le tournis. Trop de choses à regarder, à comparer, à choisir et à débusquer. C’est d’ailleurs le concept de la boîte :

La chasse au trésor

Costco appâte le flâneur (souscripteur) avec la promesse de nouveaux arrivages remplacés chaque jour et à des tarifs très compétitifs. De superbes occasions se trouveraient donc parmi ces livraisons.
À nous de les chercher frénétiquement, comme Jack Sparrow retournerait tout un navire à l’affût du moindre fond de bouteille de rhum.

Chéri m’entraîne vers le côté boulangerie (un p’tit creux peut-être). Nous longeons les établis de vêtements. Des jean’s, des polos, des t-shirts, des maillots de bain, etc. Que des marques.

Je crois que c’est à cet instant que je commence à me sentir rebutée par ce qui m’entoure.

En me focalisant sur les étiquettes, je constate que les prétendues aubaines n’existent pas réellement. Alors certes, peut-être qu’un pantalon Levi’s à 45€, pour certains, ce n’est pas cher. Pour moi qui ne porte pas de fripes griffées, ça l’est. Et si je devais grossir ma désapprobation encore plus, je dirais qu’il est très facile de dégoter la même chose en se baladant sur les sites de ventes privées.

En boulangerie, ma déception grandit encore un peu. Les gâteaux hors-normes à 16€ ne m’inspirent pas confiance. J’ai lu qu’ils étaient très bons. Tant mieux. Le visuel n’est pourtant pas très appétissant.
Les viennoiseries ne me réjouissent pas plus. La quantité dans les packagings est bien généreuse mais à chaque fois que je compare avec ce que j’achète chez Carrouf, il n’y a finalement pas de quoi s’extasier. Même constat aux surgelés, aux yaourts, en épicerie et au rayon bébé.

Les accro de Costco (et ils sont nombreux) clameront que les produits du magasin sont différents de ceux que l’on achète habituellement et qu’ils sont, qui plus est, de grande qualité.
D’accord. Je ne contesterai pas car je ne les ai pas goûtés. Ceci étant, la qualité sous vide en écoeurerait plus d’un. En France (et dans mon fort intérieur), on visionne les choses autrement. On aime le frais et les petits producteurs. On recherche l’authentique. Chez Costco, il faut avouer qu’on en est loin.

Chéri, lui, s’emballe plus que moi. Les larges boîtes le titillent. Je le soupçonne enclin à remplir le coffre de la voiture. Il balance des rochers à la noix de coco et des donuts dans le caddie.
Illico, je stoppe sa fougue en lui déclarant :

– Heu… Attends parce que si j’ai bien compris ce qu’ils disaient sur internet, il faut faire valider la carte de membre.
– Ha bon…? T’es sûre ?!
– Pas vraiment mais il me semble… Le mieux ce serait encore de demander.

Attristé, le voilà qui abandonne ses gourmandises pour me suivre jusqu’à l’entrée du magasin où squattent, inlassablement, le vigile et son acolyte à veste Costo molletonnée.
D’une petite voix doucereuse (qui va bien lorsque vous voulez paraître sympathique), je lance à l’employée vérifieuse de cartes :

– Excusez-moi, bonj…

Je n’ai pas le temps de finir ma phrase que le molosse me reprend d’un ton rude :

– Vous allez où, là ?!

Mon MOI extérieur, bien que surpris, tente de garder une sorte de calme diplomate. Mais mon MOI intérieur, lui, se métamorphose en harpie : « Je viens de te dire bonjour, gros # »@\*¤+@@*# ! Ta maman ne t’a pas appris la politesse ?! Et tu crois que je vais où avec mon caddie vide ?! Bouff** ! »
Cependant, je reformule ma demande à laquelle l’employée se décide à répondre avec un enthousiasme feint. Peut-être a-t-elle senti mon agacement.
Elle nous confirme donc qu’il nous faut rejoindre le bureau des adhésions et qu’une fois sur place, un agent nous prendra en photo et finalisera notre abonnement.

Très bien.

Sauf que ledit bureau se situe dehors, après les caisses. La « sortie sans achat », si pratique parfois, n’existe pas à Costco. La seule option reste le slalom entre les gens qui font la queue pour payer. Là encore, en dépit de nos « bonjour« , « excusez-nous« , « on peut passer ?« , le personnel nous ignore en beauté.

Aux adhésions, la longueur de la file d’attente est hallucinante. Trop de monde. Notre jauge de courage se vide d’un coup. Légèrement exaspérés, nous décidons de partir. Les prix ne nous conviennent pas. L’organisation des lieux ne nous convient pas. L’amabilité de l’équipe ne nous convient pas. Bref, il semblerait qu’en faisant le calcul de toutes ces expériences, c’est Costco dans sa totalité qui ne nous convient pas, tout simplement.

Je pense à me faire rembourser les 36€ d’adhésion. Cette abondance, ce trop de tout, cet excès de consommation… dans son ensemble, l’enseigne m’a laissé un arrière-goût fortement désagréable. Au lieu d’avoir l’impression de faire de bonnes affaires, je me suis plutôt sentie comme une oie, roulée dans la farine, qu’on a cherché à gaver presque de force.

En sortant, je pique un fou rire (nerveux). Un autre duo infernal (toujours composé d’un vigile et d’un sbire au sourire figé) nous somme de patienter. Les deux hommes vérifient chaque produit acheté, à l’aide des tickets de caisse. Gare à vous si vos trésors ne correspondent pas à l’imprimé du ticket ! Rien n’échappera à l’oeil bionique des portiques sur pattes !

Allez en prison sans passer par la case départ !

Manque de bol, notre immense charriot… est vide. Quelle tristesse pour nos compères en manque d’adrénaline. Rien à compter. Rien à se mettre sous la dent.

Naïvement, je croyais qu’être membre d’un club me vaudrait un traitement de VIP… pas de contrebandier passant la douane !

Adieu El Dorado ! Je laisse tomber les pelles et les pioches. Tes mines d’or, tu peux les garder.

4 thoughts on “ POURQUOI je n’ai PAS aimé COSTCO ! (Bein oui, ça arrive) ”

  1. En effet, s’ils font pareils avec les abonnés aux Etats-Unis, je me demande comment les Américains arrivent à rester zen, moi j’aime quand on ne se sent pas agressés, qu’il y a du contact et payer pour bénéficier de formats familiaux, je ne suis pas chaud pour tout ce qui est abonnement. Ça me dérange pas mal !

    Aimé par 1 personne

    1. Je pense qu’aux États-Unis, les clients sont peut-être plus considérés puisque d’après ce que j’ai entendu dire, le client est plus que roi là-bas.
      Pour les formats familiaux, en France, nous avons une idée bien distincte de la taille de ce format. Chez Costco, il est bien plus gros que nos standards. Du coup ça donne une impression de « gâchis ». Finalement, peut-être que si on avait l’habitude de ce genre de magasin, je n’aurais pas autant détesté.
      Devoir payer un abonnement est un peu étrange au départ mais on nous promet tellement de bonnes affaires qu’on finit par plus trop réfléchir.

      Aimé par 1 personne

    1. Il me semble, oui. Mais je crois que d’autres ouvertures seraient prévues dans d’autres régions.
      Ce sont des magasins / entrepôts à l’américaine. C’est vrai qu’on consomme un peu différemment ici. Mais bon, cette enseigne a beaucoup d’adeptes qui ne jurent que par elle. C’est la preuve que d’autres la trouvent très intéressante.
      Avec moi ça n’a pas collé mais après, ça dépend de chacun.

      J'aime

Hum ? Oui, j'écoute !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s