OBAKE et YOKAI [Mythologie du JAPON]

 

Mina-san !
J’aimerais vous parler de monstres, de fantômes et de dieux !
Je voudrais vous prendre par la main et vous faire découvrir la richesse du folklore japonais !

Les japonais raffolent de fantômes, d’histoires d’horreur et de surnaturel ! Dans ce pays où les maisons hantées sont populaires et où l’hémoglobine et le suspens n’ont plus de secrets ; il y a quelques figures majeures à connaître. Je vais commencer par cet article en vous présentant les créatures surnaturelles majeures.

Un point d’histoire

Le folklore japonais est fortement influencé par le Shintô et le Bouddhisme, les deux religions principales du pays. Il implique des personnages dans situations humoristiques ou bizarres face à des êtres surnaturels variés – bodhisattva, des kami (神, dieux et esprits), yôkai (妖怪, esprits monstres tels que oni, kappa et tengu), les obake (お化け, esprits métamorphes), yûrei (幽霊, fantômes), dragons, et autres animaux dotés de pouvoirs surnaturels, comme le kitsune (狐, renard), le tanuki (狸, chien viverrin), le mujina (貉, blaireau), et le bakeneko (化け猫, chat ayant un pouvoir de transformations).

Beaucoup de contes du folklore Japonais sont d’inspiration étrangère au pays. Il semble qu’ils proviennent pour la plupart des Indes (via la Chine) et de Chine même ; occasionnellement du Tibet, de Birmanie ou de Corée.
Peu à peu, ils ont été adaptés à la sensibilité japonaise jusqu’à devenir d’esprit purement japonais. Par exemple, les contes concernant des singes ont été influencés par l’épopée sanscrite Ramayana et par Voyage en Occident, écrit classique chinois.
Les contes liés à la tradition bouddhiste theravâda (jataka) apparaissent également, mais modifiés, dans les contes populaires japonais.
Les légendes d’origine véritablement japonaise sont de deux sortes : celles qui remontent au début de la religion Shintô, douze siècles avant l’introduction de Bouddhisme, et celles, plus récentes, datant du Moyen Age Japonais. Ces dernières sont inspirées de poèmes épiques et de hauts faits d’armes célèbres ainsi que par les aventures de moines Bouddistes ou de personnes occupant un rang élevé dans la cour Impériale. Un nombre important d’écrits consignent leurs actions dans le moindre détail.

Au milieu du XXe siècle les conteurs vont de ville en ville racontant ces contes en s’accompagnant d’illustrations appelées kamishibai. Les contes du folklore japonais sont divisés en plusieurs catégories : mukashibanashi (昔話, contes très anciens), namidabanashi (涙話, contes tristes), obakebanashi (お化け話, contes de fantômes), ongaeshibanashi (恩返し話, contes sur les récompenses en remerciement d’une faveur), tonchibanashi (頓知話 ou 頓智話, contes spirituels, pleins d’esprit), waraibanashi (笑い話, contes humoristiques), etyokubaribanashi (欲張り話, contes de cupidité).

ENCORE PLUS LOIN DANS L’HISTOIRE

D’origine incertaine mais supposées provenir de la culture animiste des premiers habitants de l’archipel, les Aïnous, ces manifestations s’insèrent dans de courts récits compilés entre la fin du XIe siècle et le début du XIIe siècle, au cours de l’Époque de Heian, dans le Konjaku monogatari shū, recueil de légendes et faits historiques du Japon ancien. Les premières représentations connues de yōkai datent de l’Époque de Muromachi, où elles connaissent un grand succès. Les Hyakkai zukan peints au XVIIIe siècle sont l’une des plus connues.

Êtres surnaturels, monstres, esprits, les yōkai revêtent une multitude de formes et font partie intégrante de l’imaginaire japonais depuis les temps les plus reculés. Avec la modernisation de l’archipel au XIXe siècle , ils furent brusquement ravalés au rang de simples superstitions. Remis au goût du jour à la fin des années 1950 par Shigeru Mizuki et son manga GeGeGe no Kitarō, ces étranges créatures suscitent toujours un formidable intérêt au Japon ainsi que l’atteste le succès des dessins animés de Hayao Miyazaki et Isao Takahata du Studio Ghibli.

Vocabulaire

– Yôkai : c’est le terme sous lequel sont souvent désignés toutes les créatures mythiques japonaises mais il existe aussi une définition plus précise mentionnant le fait qu’il soit né en tant que tel (si vous ne comprenez pas, ce sera plus clair avec la définition suivante). On peut le traduire par gobelins (même s’il vaut mieux ne pas le traduire).
Obake : ce terme désigne une créature surnaturelle mais issue d’une autre chose : homme, animal, ou objet (« bakeru » signifiant « changer »). Ces créatures sont généralement malveillantes.
Oni : ce sont l’équivalent de nos démons et ils habitent dans l’équivalent bouddhiste de l’enfer.
– Yuurei : souvent traduit par fantômes mais représentent une catégorie plus large englobant tous les esprits.
Trickster : c’est une créature qui joue des tours aux humains (pouvant se traduire par des vols) ou aux dieux en brisant souvent les règles qu’ils ont établis (de l’anglais: trick = tour). Ses actes ont des buts parfois malveillants mais plus souvent bénéfiques ou sans grande conséquence, le trickster étant généralement plus farceur que vraiment mauvais. Un exemple célèbre est celui de Loki dans la mythologie scandinave qui lui est plutôt malveillant.
Henge : désigne une créature possédant le pouvoir de métamorphose.
Source : Wikipédia et Tevader.com

Passons à quelques créatures majeures et incontournables


Kitsune (狐 / きつね)

Apparence : renard de couleur variée et ayant un nombre de queues compris entre 1 et 9
Pouvoirs : henge, illusion, magie, possession
Le kitsune est un des yôkai les plus populaires du Japon. Il tire son origine d’Inde puis de Chine et de Corée pour enfin arriver au Japon.
La principale différence physique avec les renards normaux est le nombre de queues. Selon les légendes, un renard normal gagne une queue au bout de 100 ans de vie et gagne ainsi le pouvoir de transformation et de possession (leur pouvoir de possession se nomme Kitsune Tsuki) et ils atteignent le nombre de neuf queues au bout de 1000 ans.
Dans d’autres légendes, ils gagnent une queue tous les 1000 ans ou encore, ils les gagnent grâce aux faveurs d’un autre kitsune ou du dieu Inari. Plus le nombre de queues est élevé, plus le kitsune est puissant.
Les couleurs du pelage sont variées. Lorsqu’ils atteignent le nombre de neuf queues, ils prennent une couleur blanche, argentée ou dorée.
Les kitsune sont considérés comme des tricksters. Dans beaucoup de légendes, ils prennent la forme d’une femme ou en possèdent une, puis, séduisent et trompent les hommes. Sous forme de femme, il arrive qu’un kitsune s’accouple avec un homme, l’enfant en résultant sera doté de certaines capacités comme un talent pour la magie ou la capacité de transformation.
Un renard transformé en femme pourra être démasqué par son reflet qui révélera une queue. Une autre possibilité est celle d’utiliser un chien qui détectera le renard qui reprendra alors sa forme normale. Le pouvoir de transformation du renard n‘est pas limité à la forme humaine et il peut se changer en n’importe quelle chose naturelle (arbre, pierre, eau, autre animal….).
Les kitsune ont aussi le pouvoir d’illusion qu’ils utilisent pour jouer des tours. Grâce à cela, ils peuvent faire voir ce qu’il veulent à un humain. Ce pouvoir peut même s’étendre aux autres sens que la vue.
D’autres légendes parlent d’une sphère que les kitsune gardent avec eux (Hoshi-no-tama). Ceux qui réussissent à l’obtenir peuvent forcer le renard à leur obéir. Cette sphère contiendrait un peu de leur pouvoir magique au cas où ils se transformeraient.
Malgré leur nature farceuse, les kitsune tiennent toujours parole et sont extrêmement loyaux envers ceux en qui ils ont confiance. Les kitsune sont liés au dieu du riz Inari et sont considérés comme ses messagers. Des statues les représentant gardent les temples d’Inari. Lorsqu’ils sont associés à Inari, ils sont considérés comme bienveillants et apportent la chance (en particulier pour les fermiers).
L’aburage (une sorte de tofu) est censé être la nourriture favorite des kitsune et sont souvent utilisé comme offrande dans les temples d’Inari.
Un sushi et une soupe udon utilisant comme ingrédient l’aburage porte même le nom de kitsune.

À l’inverse un exemple de kitsune maléfique est celui de Tamamo-no-Mae, un kitsune à neuf queue qui pris la forme d’une femme et séduit l’empereur Toba aux alentours de 1155. Elle le rendit ensuite malade mais fut démasqué et tué. Cette histoire est jouée comme pièce dans les théâtres traditionels japonais comme le kabuki.

Apparitions : De part sa popularité, le kitsune apparaît souvent dans différents médias (mangas, jeux vidéos,…). Voici quelques unes de celles-ci :

  • Dans le manga Naruto : un démon kitsune à neuf queues est scellé dans un jeune ninja du nom de Naruto. Celui-ci a tendance à jouer des tours aux autres habitants de son village notamment en se changeant en femme nue (avec tout de même une petite censure).
    – Dans le jeu vidéo Pokemon : le pokemon nommé Goupix/Feunard est un kitsune.
    – Dans le jeu vidéo Zelda : Majora’s mask, un masque de renard permet de faire apparaître un kitsune.

Dans les contes coréens, un renard qui vit mille ans se métamorphose en Gumiho. Il peut se transformer en une belle fille, souvent dans l’intention de séduire les hommes. Il existe de nombreux contes où apparaît le gumiho. On peut trouver plusieurs d’entre eux dans l’encyclopédique Abrégé de la littérature orale coréenne (한국 구비문학 대계, Hanguk Gubimunhak daegyeo).

Bien que le gumiho soit capable de changer son apparence, il reste toujours quelque chose en lui qui rappelle le renard ; son aspect extérieur change, mais sa nature reste la même.

  • Dans « La Transformation du gumiho » (구미호의 변신, gumihoeui byeosin), un gumiho prend l’apparence de la mariée à l’occasion d’une noce. La mère de la jeune femme elle-même est incapable de voir la différence. Le gumiho n’est découvert qu’au moment où ses vêtements lui sont enlevés.
  • « Park Munsu et le gumiho » (박문수와 구미호, Bakmunsuwa gumiho) relate une rencontre que Park Munsu fait avec une fille qui vit seule dans les bois, et dont l’apparence fait penser au renard.
  • Dans « La Jeune fille qui reconnut un gumiho grâce à une poésie chinoise » (하시로 구미호를 아라낸 처녀, Hasiro gumihoreul ari jeonyeo) le gumiho est en fin de compte découvert quand un chien de chasse reconnaît le renard à son odeur et l’attaque. Bien qu’il soit traditionnellement présenté comme une femme quand il se transforme en être humain, dans ce conte, c’est en jeune homme que le gumiho se métamorphose ; il essaye alors de tromper la jeune fille pour qu’elle l’épouse. Mais cela reste le seul cas de transformation masculine.
  • Dans « Un Bâton magique qui tue le renard« , un homme voit un gumiho se transformer en vieille femme. Il la poursuit pour la tuer en la frappant avec son bâton. Retransformée en gumiho, il dit qu’il a pu la reconnaître car son bâton est magique et peut détecter les gumiho en se mettant à vibrer. Il le vend très cher à un homme qui tue une fille qu’il croit être un gumiho (nerveux, c’est lui qui s’est mis à trembler et a fait secouer le bâton). Il fouille alors le corps de la femme pour trouver sa queue mais n’a rien vu. Il finit par se faire lyncher pour son crime, ne se rendant compte que tard s’être fait berner.

Ces « renardes » sont donc de redoutables sorcières qui, sous la forme de séductrices d’une élégance vertigineuse, peuvent conduire un homme, un clan, un empire à leur perte avant qu’elles ne retrouvent leur fourrure rousse et le silence nocturne des bois.

Nekomata (猫又 / ねこまた)

Apparence : chat à deux queues
Pouvoirs : nécromancie, chamanisme, métamorphose

Les chats ont été introduits au Japon par le biais de la Chine et sont vite devenus populaire en tant qu’animaux de compagnie. Ces animaux se sont vu attribués des pouvoirs surnaturels. Ainsi il est dit que si un chat atteint l’âge de cent ans (ou simplement s’ils sont très vieux), sa queue commence à se diviser en deux jusqu’à donner deux queues. Cette métamorphose s’accompagne du gain de certains pouvoirs.

Ainsi, cet obake a pour principale caractéristique de pouvoir réveiller et manipuler les morts en bougeant ses queues afin de tourmenter une personne ou simplement les faire danser pour son plaisir.

Le nekomata (aussi appelé bake-neko) n’est pas vraiment dangereux mais est, par nature, mauvais et doit être traité avec respect. Les nekomata domestiques peuvent tourmenter la famille dans laquelle ils vivent en utilisant leurs proches morts jusqu’à ce qu’ils obtiennent de la nourriture, du respect ou de l’attention. Les nekomata sauvages se nourrissent quant à eux de cadavres et de charognes.

Pour éviter que leur chat ne se change en nekomata, les japonais coupaient ou écourtaient leur queue ce qui explique le grand nombre de chats à queue courte. Il existe même une race ayant la queue normalement courte d’origine typiquement japonaise : le bobtail japonais.

Ce chat fantôme hante son foyer en menaçant la maisonnée et projetant des boules de feu. Il est souvent décrit comme se dressant sur ses pattes arrière prenant alors forme humaine. Il se peut également qu’il finisse par dévorer son maître dans le but de prendre sa place. Comme il est, en apparence, un chat tout à fait ordinaire, on ne laisse pas approcher les chats des cadavres car la légende veut que le bakeneko ait le don de réanimer un corps sans vie en sautant sur celui-ci, le ramenant ainsi à la conscience.

Parmi les autres légendes sur le bakeneko, on note qu’il adore laper de l’huile de lampe (cette huile étant faite, à l’époque, à partir de graisse de poisson) et il est dit que leurs cadavres ont la taille de celui d’un homme.

Apparitions
– Le pokemon Mentali avec sa queue divisée en deux et ses pouvoirs psychiques est certainement un nekomata.
Légendes
Il y a de nombreuses légendes à propos du bakeneko. L’une d’elles serait à l’origine du bobtail japonais. Selon cette légende, un chat qui se réchauffait près d’un feu s’y brûla la queue, qui prit feu. Il traversa ainsi la ville, réduisant en cendres un grand nombre d’habitations. Pour que cela ne se reproduise plus, l’Empereur décréta que tous les chats devraient dorénavant se faire couper la queue.
Une autre de ces légendes est liée à Takasu Genbei, un homme dont la personnalité de la mère aurait subitement changé après la disparition de son chat. Les années qui suivirent cette disparition virent le repli de la mère sur elle-même, refusant la compagnie de sa famille et amis allant jusqu’à prendre ses repas seule dans sa chambre.
Un jour, en observant à travers la porte entrouverte de sa chambre, Takasu surprit une silhouette monstrueuse vaguement ressemblante à celle d’un chat, portant les vêtements de sa mère et dévorant la carcasse d’une proie. Assailli par le doute, il trancha le corps de la chose qui reprit la forme du chat disparu le lendemain.

Ashi-Naga (足長 / あしなが) et Te-Naga (手長 / てなが)

 
Ces deux yôkai se déplacent toujours ensemble. Ils ressemblent tous les deux à des humains mais Ashi-naga a des jambes démesurées (environ 2,7 m) et des bras très courts tandis que Te-Naga a des bras d’environ 3 m et de petites jambes. Te-naga est assis sur les épaules d’Ashi-Naga ce qui leur donne l’aspect d’un géant.
Ils vivraient sur les côtes du Japon où ils pêchent les poissons dont ils se nourrissent. Leur apparition est présage de mauvais temps.

Kappa


Le kappa (河童) ou gatarō (川太郎) est un monstre du folklore et de la mythologie japonaise, décrit comme un génie ou un diablotin d’eau. Le kappa est réputé pour chercher à attirer les humains ou les chevaux dans l’eau.
Les kappas ont l’apparence de tortues anthropomorphes, parfois avec une bouche en forme de (ou à l’apparence de) bec et le sommet de leur crâne est légèrement creusé, entouré de cheveux.
Cet affaissement est rempli d’eau, liquide duquel ils tirent leur puissance. Ainsi, si l’on salue un kappa à la manière japonaise (en s’inclinant), il vous salue en retour et perd toute son eau, devenant alors inoffensif.Le kappa est en effet un être très poli, même s’il aime faire de nombreuses méchancetés. Certains kappa sont cependant représentés sans cet affaissement, le sommet de leur crâne étant simplement chauve. Sa taille serait celle d’un singe, soit environ 30 cm. Son habitat connu serait les fleuves, les lacs et les étangs du nord du Japon. Selon le folklore, il aurait la longévité de la tortue, soit environ 100 ans.
La plupart de leurs farces consistent à s’introduire dans les villages pour voler de la nourriture, lâcher des gaz et regarder sous les jupes des femmes.
Le kappa sait très bien parler japonais et jouer au shōgi. S’il y a une nourriture qu’il apprécie plus que la chair des enfants, c’est le concombre. Ainsi, les japonais avaient coutume de jeter des concombres dans les rivières afin qu’ils n’aient pas autant à venir manger chez eux non-invités. Ce lien avec le concombre a donné le nom kappamaki à une variété de rouleau de sushi avec une tranche de concombre au milieu.
Il semblerait que l’aspect capillaire des kappas ait été inspiré par celui de moines occidentaux (qui ont subi la tonsure et n’ont pas non plus de cheveux au sommet du crâne) ayant visité le Japon.

Inugami

Dans la mythologie japonaise, un inugami (犬神, « chien dieu ») est un type de shikigami émanant et ressemblant habituellement à un chien. Généralement, il exécute une vengeance ou agit comme gardien si l’inugami-mochi, ou « le propriétaire de l’inugami », le lui ordonne. Les inugami sont extrêmement puissants, capables d’exister indépendamment de leur propriétaire et même de se retourner contre lui. Ils peuvent aussi posséder un être humain.

Comme dans la plupart des cultures, au Japon, le chien est perçu comme un compagnon gentil, intrépide et agile, mais qui peut se montrer féroce envers les ennemis de son maître. Dans les contes populaires japonais, les chiens sont considérés comme des êtres magiques ; une légende raconte que le chien pouvait autrefois parler, mais qu’il en a perdu la capacité depuis.
Les Aïnous d’Hokkaidō considéraient le chien comme un animal rusé, dangereux et quelque peu humain.

La croyance populaire veut qu’un inugami soit créé en enterrant un chien jusqu’au cou et en plaçant de la nourriture autour de lui qu’il ne peut pas atteindre. Le chien agonise alors pendant des jours, pendant lesquels son maître lui répète que sa douleur n’est rien comparée à celle que lui, son maître, endure de son côté. Quand le chien meurt, il devient un inugami. Puisque son dernier souhait était de manger, les aliments placés autour du corps agissent comme une offrande qui apaise son esprit, le rendant du coup obéissant.

Une légende plus explicite relate qu’une vieille femme, désirant se venger de quelqu’un, enterra son chien chéri dans la terre et lui dit : « Si tu as une âme, accomplis ma volonté et je t’adorerai comme un dieu. » Elle scia, par la suite, la tête de son chien avec une scie en bambou, libérant ainsi son esprit sous la forme d’un inugami. L’esprit exauça le vœu de sa maîtresse, mais en châtiment de sa mort douloureuse, il hanta la vieille femme.

Dans les îles Oki, l’inugami joue le même rôle qu’occupe le kitsune dans plusieurs autres régions du Japon. On croit qu’un inugami-mochi (le possesseur d’un inugami) bénéficierait d’une grande chance et que les faveurs qu’il accorde lui seraient rendues avec intérêt.
En contrepartie, les inugami-mochi sont évités par les autres et ont beaucoup de mal à se marier; ils doivent aussi être prudents afin de ne pas offenser leur inugami, de peur de déclencher son courroux, car à la différence du kitsune, un inugami ne suit pas simplement les voeux de son maître, mais agit aussi selon ses propres impulsions.
On considère que beaucoup de petits villages au Japon ont au moins une vieille dame avec le pouvoir de l’inugami-mochi.
Le corps d’origine d’un inugami reste derrière lorsqu’il part réaliser les voeux de son maître. Le cadavre enterré se dégrade et pourrit lentement ; si l’inugami ne retourne pas à son corps avant qu’il ne soit inhabitable, il peut prendre le contrôle du corps de son maître, le rendant encore plus puissant. On dit qu’être possédé par un inugami guérit de la maladie ou d’une santé chancelante; cependant, cette possession a pour conséquence que l’hôte se conduise comme un chien.

Tanuki

Le tanuki est, dans la mythologie japonaise, l’un des yōkai (esprits) de la forêt, inspiré du chien viverrin auquel les japonais attribuent des pouvoirs magiques.
Maître des déguisements, il est réputé pouvoir changer de forme à volonté. Les tanukis sont souvent représentés portant un chapeau de paille et une gourde de saké, avec un ventre rebondi qu’ils utilisent comme un tambour et des testicules de grande taille, qui donnèrent naissance à des dessins et des légendes humoristiques. On y voit les tanukis avec leurs testicules par dessus l’épaule comme des baluchons de voyageurs, s’en servir comme parapluie, filet de pêche, pour se défendre voire comme tambours. Ceci explique pourquoi on décrit les tanukis comme ayant des grandes kintama (金玉 lit. « balles en or », signifiant testicules).
Une autre caractéristique est leur ventre qu’il peuvent gonfler à leur aise et s’en servir, la nuit, comme d’un tambour à la place de leur testicules, principalement dans les versions les plus modernes. Le son produit par ce tambourinage se transcrit par l’onomatopée ponpoko. Ils sont présents dans l’art et les contes japonais depuis le Moyen Âge et restent très populaires dans leur pays d’origine, comme le prouve notamment le film Pompoko.
Les tanukis sont parfois confondus avec d’autres animaux. Dans certains dialectes locaux, tanuki et mujina (狢, kyujitai : 貉) désignent tous deux à la fois des chiens viverrins et des blaireaux. Des animaux connus sous le nom de tanuki dans une région peuvent porter le nom de mujina dans une autre.
Dans le dialecte standard moderne de Tokyo, le mot tanuki renvoie au chien viverrin et anaguma renvoie aux blaireaux. Le plat régional du nom de tanuki-jiru (« soupe de tanuki ») peut contenir aussi bien du chien viverrin que du blaireau.

À l’origine, le kanji pour le mot tanuki, 狸 (kyujitai : 貍) était utilisé pour désigner des mammifères de taille moyenne. Étant donné que les chats sauvages, qui étaient principalement désignés par ce terme, ne vivent que dans certaines régions limitées du Japon (par exemple le chat d’Iriomote), il est possible que ces caractères finirent par désigner le tanuki.
Le tanuki est connu pour être de changer de forme à volonté (tout comme les renards). Dans certaines traditions, il leur est nécessaire de placer une feuille sur leur tête pour pouvoir se transformer.

L’image du tanuki se serait développée durant la période Edo. Les céramistes de Shigaraki réalisent des représentations de tanuki sous la forme de statues de terre cuite, reprenant les formes mythologiques : chapeau en paille de riz et gourde de saké, bedaine et testicules imposants, bipédie.

En métallurgie, la peau de tanuki était souvent utilisée pour étaler les feuilles d’or. Ceci eut pour conséquence d’associer les tanukis à ce métal précieux. De petite statues se trouvent souvent en décoration des façades comme symbole de chance.

Le tanuki est souvent considéré comme symbole de bonne fortune dans la tradition japonaise, tout comme le chat ou le renard.

Samebito (鮫人 / さめびと)

Le samebito (« homme-requin ») est un yôkai humanoïde possédant une peau noire et des yeux verts luminescents. Il porte souvent une barbe pointue. Il est aussi parfois décrit sous forme d’un dragon possédant ces mêmes caractéristiques mais, dans ce cas, il est considéré comme une créature unique et non une race. Les samebito habitent dans leur vaste royaume sous-marin où ils n’entretiennent que peu de contact avec le monde des humains. Ce sont des créatures honnêtes qui rembourseront toute dette envers un être humain.
Une légende raconte l’histoire du héros Totaro qui rencontra un samebito sur un pont. La créature ne l’attaqua pas mais lui demanda un toit et de la nourriture car il avait été expulsé de l’océan par le Roi de la Mer. Totaro l’emmena avec lui et lui donna un lac qui se situait près de son palais et où il le nourrit. Un peu plus tard, Totaro tomba amoureux de la belle Tamana et essaya de la demander en mariage.

Malheureusement, le père de Tamana avait fixé la dot pour le mariage à 10 000 pierres précieuses. Incapable de payer cette fortune, Totaro retourna chez lui et tomba malade se rapprochant peu à peu de la mort. Quand le samebito appris cela, il se mit à pleurer mais découvrit que ses larmes se changeaient en perles, rubis et émeraudes. Grâce à cela, Totaro put payer le père et se marier avec Tamana.

Ushi-oni (牛鬼 / うしおに)

Ushi-oni est un terme utilisé pour tous les youkai possédant une tête de boeuf (« ushi-oni » signifiant « démon-boeuf ») mais, lors d’une utilisation plus précise, il désigne un énorme youkai possédant une tête de taureau et un corps d’araignée ou de crabe. C’est une créature violente qui vit dans les mers du sud du Japon. Il surgit de l’eau pour dévorer les malchanceux qu’il voit sur la plage ou le long des côtes. Dans certaines histoires, il possède aussi une antenne à laquelle il donne l’apparence d’une femme en train de se noyer pour pouvoir manger les personnes qui essayeraient de la sauver. Il est aussi parfois dit que l’ushi-oni est le mari de la nure-onna, un autre youkai aquatique. Certains contes parlent aussi d’ushi-oni qui aident les fermiers à labourer ses champs en échange d’une partie de la récolte.
Apparitions :
  • Il apparaît en tant qu’ennemi dans la série de jeux « Ganbare Goemon ».

Jorougumo (女郎蜘蛛 / じょろうぐも)

Les Jorougumo (« Prostituée-araignée ») sont un youkai qui ont l’apparence d’une très belle femme. Elles peuvent être accompagnées d’araignées de compagnie avec lesquelles elles peuvent communiquer et qu’elles peuvent contrôler comme toutes les autres araignées. Elles s’en servent comme espionnes ou comme gardiennes de l’endroit où elles vivent. Elles ont aussi la capacité de cracher du feu par la bouche ou les mains mais aussi de produire de la toile comme les araignées. Elles peuvent aussi changer de forme en transformant leurs jambes en un corps d’araignée ou en se changeant totalement en araignée géante. Elles n’effectuent cette transformation que lorsqu’elles se sentent menacées ou qu’elles sont sur le point de sauter sur leur proie. Elles vivent aussi bien en forêts que dans des grottes ou des habitations humaines.
Ce sont des créatures timides et pacifiques qui ne tuent que pour se nourrir et ne s’attaquent jamais aux innocents. Une légende raconte qu’un paysan se reposait près d’une cascade où vivait une jorougumo. Celle-ci essaya de l’attraper en lui attachant un fil de toile autour de la jambe mais l’homme le remarqua, détacha le fil et l’enroula autour d’une vieille souche ce qui lui permis de s’évader. Elles peuvent aussi tomber amoureuse d’un être humain et l’enfant qui naîtra de cette union héritera des pouvoirs de sa mère.
« Jorougumo » est aussi le nom commun de l’araignée Nephila clavata.

Gashadokuro (がしゃどくろ)

Le gashadokuro est le fantôme de personnes qui sont mortes de faim. Il a la forme d’un squelette 15 fois plus grand qu’une personne normale et est constitué des os de ces gens morts de faim. Il apparaît durant la nuit, après minuit en annonçant sa présence par une sonnerie résonnant dans les oreilles. Il arrachera la tête des personnes qui ne fuiront pas assez vite avec ses dents.
Apparitions :
– Dans « Mystical Ninja Starring Goemon 2″ sur N64, il apparaît en tant que mini-boss.
Source : dictionnaire des monstres japonais de Shigeru Mizuki / Ten Ryû.org / Encyclopédie du paranormal

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