SYNOPSIS 

Moon Yu-Jeong est une jeune femme souffrant d’un mal profond qui en est déjà à sa troisième tentative de suicide.
Indifférente à tout, elle n’éprouve aucun attrait pour son métier de professeur d’art qu’elle exerce négligemment à l’université. Quand à sa famille, elle n’affiche aucun lien affectif  particulier pour aucun de ces membres, et voue même une rancœur féroce à l’encontre de sa mère.
La seule personne auprès de qui elle semble un peu se détendre est sa tante, la Sœur Monica. Et quand celle-ci lui demande de l’accompagner en prison pour y visiter un nouveau détenu condamné à mort, Yu-Jeong accepte, mais à contre-cœur.
Ce détenu s’appelle Jung Yun-soo. Lui aussi n’a plus aucune foie en la vie, au point de craindre chaque nouveau lendemain.
Froid et distant, il rejette les paroles de réconfort de la Soeur Monica, mais se révèle curieux vis-à-vis de Yu-Jeong qu’il reconnait comme étant celle qui, un jour enfant, a chanté l’hymne national devant toute la Corée du Sud. Un souvenir auquel il semble singulièrement attaché.
Au fil de leurs visites hebdomadaires ayant lieu tous les jeudis, se reconnaissant l’un dans l’autre, tous deux vont peu à peu s’ouvrir jusqu’à confesser le fardeau qui les étouffe et trouver ainsi un certain apaisement, voir même  une certaine joie de vivre.
C’est alors avec impatience qu’ils attendent chacun le jeudi suivant…


TRAILER


FICHE TECHNIQUE

Titre Original: 우리들 의 행복한 시간
(Urideului haengbokhan shigan)
Titre Anglais: Maundy Thusday
Aussi connu sous: Our Happy Time
Réalisateur: Song Hae-sung
Producteur: Lee Seung-jae
Pays: Corée du Sud
Genre: Drame humain, Romance
Durée: 120 min
Année: 2006

CASTING 

Kang Dong-won dans le rôle de Jung Yun-Soo

 

Lee Na-young dans le rôle de Moon Yu-Jeong

 

Yoon Yeo-jeong dans le rôle de la Soeur Monica

 

 

Kang Shin-il dans le rôle du gardien de prison

 

Jeong Yeong-sook dans le rôle de la mère de Yu-Jeong

 

Kim Ji-yeong dans le rôle de la mère de la victime

Jang Hyeon-seong dans le rôle du frère de Yu-Jeong

Oh Kwang-rok dans le rôle du condamné à mort numéro 2896

 –

 


 



MON AVIS

Inspiré du best-seller du même nom écrit en 2005 par la romancière Gong Ji-young, Maunday Thursday est l’histoire d’un rendez-vous hebdomadaire entre une jeune femme suicidaire et dénuée d’espérances  en la vie, et un détenu condamné pour viol et meurtres qui attend dans le couloir de la mort le jour fatidique de sa sentence.

Mais bien qu’il aborde le sujet de la peine capital et y invite à la réflexion, Maunday Thursday porte avant tout son attention sur les thèmes du pardon et de la compassion. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le film porte le titre de Maundy Thursday, qui veut dire  Jeudi Saint en référence à la célèbre scène décrite dans l’évangile.

Le jeudi Saint est le jour où eut lieu le dernier repas (appelé également Cène) prit par Le Christ avec ses disciples, la veille de sa crucifixion, et après lequel Il lava Lui-même les pieds de chacun d’eux. Pour les laver de leurs pêchés, certes, mais aussi en témoignage de sa tendresse pour eux.

Ce  jour sacré est donc perçu par les chrétiens comme un moment de grâce, mais aussi d’ouverture et de service aux autres. Bref, de compassion et d’amour.
Et c’est en gros l’idée reprise par le film, au travers de cette histoire de deux êtres blessés par la vie, que a priori tout oppose, mais qui vont se retrouver unis par un même sentiment d’abandon. Deux êtres en souffrance qui ont perdus tout espoir, effrayés par le poids d’une nouvelle journée, et dont le désir le plus vif est de mourir.

Au fur et à mesure qu’ils apprennent à se connaître et à se faire confiance, c’est une relation unique qui commence à se développer et que eux seuls sont à même de comprendre.
En étant à l’écoute l’un de l’autre, ils vont enfin combler ce gouffre en eux qui les détruit, et accepter de pardonner et de s’assumer. Pour Yu-Jeong cela signifie pardonner à sa mère. Pour Yun-Soo, c’est recevoir le pardon de la famille de ceux dont il a contribué à tuer. Car c’est uniquement grâce à cette notion de pardon qu’ils pourront avancer, se reconstruire, et retrouver gout en la vie.

Dans les premiers temps perçu comme une contrainte pour chacun d’eux, chaque jeudi devient alors un moment de grâce et de douceur où petit à petit l’espoir et l’amour pour la vie refont surface. C’est alors un jour presque béni pour ces deux personnes à l’écoute l’une de l’autre, et libre de partager et de se sentir pleinement eux-même.

Se voulant profondément spirituel, les renvois au christianisme sont donc nombreux. Entre la tante de Yu-Jeong qui est une nonne, ou la scène du lavement des pieds des condamnés reprise lors d’une messe célébrant le Jeudi Saint (justement!), les exemples ne manquent pas. Cela pourrait certes en rebuter certains. Cependant même si ces références religieuses tiennent une part importante dans le film, celui-ci n’en est pas pour autant une apologie ou ne devient moralisateur . Le but premier est avant tout, je le redit, de montrer un idéal de pardon et d’acceptation. Pour preuve, à bien y regarder, ni Yun-soo condamné à mort ni Yu-Jeong (qui pourtant a reçu une éducation religieuse) ne se tournent vers la religion pour se confier et trouver du réconfort, préférant s’aider en se soutenant mutuellement.

Émouvant, sensible, beau et tendre, le film démarre lentement et gardera un rythme relativement lent tout au long de ses 2 heures. Ne vous attendez pas à de l’action: ici tout est axé sur l’émotion. Et c’est justement ce qui fait que le film soit aussi poignant. Outre le thème de la peine de mort qui se prête fortement aux envolées mélodramatiques, c’est l’histoire entre ces deux âmes blessées qui touche le plus. Les acteurs Kang Dong-won (dans le rôle de Jung Yun-Soo) et surtout Lee Na-young (dans celui de Moon Yu-Jeong) apportent toute la force du film, et lui donnent une profondeur émotionnelle dont il est difficile de ne pas y être sensible. Chaque scène est jouée ici avec une telle sobriété et une telle justesse qu’on est d’autant plus happé par le déroulement de leurs histoires respectives.
Un grand coup de chapeau pour ça à l’actrice Lee Na-young qui m’a bluffé tant elle est crédible dans son rôle. L’acteur Kang Dong-won a lui aussi un certain mérite, néanmoins j’ai trouvé que dans les scènes plus émotives il avait plus de mal à transmettre ses sentiments. Je pense notamment à la scène de rencontre avec la mère de « sa » victime qui, au lieu d’être une scène forte du film, s’est avérée plutôt plate et quasi transparente.

Le scénario est simple et bien construit. La relation et la confiance entre les deux personnages s’installe prudemment, au gré de leurs peurs et hésitations. C’est au fur et à mesure des événements qu’on découvre le pourquoi de leurs ressentiments envers la vie, une vie qui n’a pas été tendre pour aucun d’eux.

Seul bémol cependant, l’aspect trop cliché de la vie de Yun-soo. A trop vouloir toucher la corde sensible, c’est l’inverse qui pourrait se produire, et gâcher par moment un peu le film. Je veux bien que Yun-soo ait eu un passé dur qui l’ait bouleversé et fait perdre ses illusions en le genre humain, mais décidément il n’a vraiment pas eu de chance ce petit gars! Je ne pense pas qu’il était nécessaire d’aller aussi loin pour expliquer pourquoi il en est arrivé dans le couloir de la mort. Surtout, qu’au final, sa présence dans ce couloir soulève bien des questions car Yung-soo n’est coupable qu’à moitié… Mais cela ne serait-il pas un prétexte pour simplement soulever un point en particulier sur la peine de mort et sa légitimation, à savoir celui des innocents injustement condamnés à mort?


[Petit rappel]

Il faut savoir qu’en Corée du Sud, la peine capitale s’effectue par pendaison et est autorisée dans 103 délits, dont 19 mentionnés dans la Constitution (parmi lesquels l’homicide et l’espionnage) et les 84 autres mentionnés, pour la plupart, dans la « Loi sur la Sûreté nationale » (soit un ensemble de sanctions punissant la moindre expression de sympathie envers la Corée du Nord).
Selon un compte rendu publié en 2001 par le ministère de la Justice, la Corée du Sud a exécuté au total 1634 condamnés pour crimes graves depuis 1945 (date de la libération de la domination japonaise), soit une moyenne de près de 29 personnes par an. Et plus de la moitié de ces personnes exécutées jusqu’en 1987 avaient été condamnés pour violation de la-dite « Loi sur la Sûreté nationale ».

Bien qu’elle soit toujours légalement maintenue de nos jours, son application reste cependant en suspend, le pays ayant rejoint en décembre 2007 les rangs des pays abolitionnistes, en pratique, après une période moratoire de 10 ans sur les exécutions. Et ceci, grâce aux efforts du président Kim Dae-Jung, lui-même ayant été détenu dans le couloir de la mort en 1980 pour trahison envers le régime de l’époque, avant d’être libéré en 1982, puis réhabilité dans ses droits en 1987. Il devient finalement président en 1997 et prend réellement ses fonctions en février 1998.
Les dernières exécutions remontent donc au 31 décembre 1997, date à laquelle 23 personnes ont été mises à mort.

Actuellement, on dénombre toujours 59 condamnés attendant dans le couloir de la mort, leurs sentences ajournées, le gouvernement ne parvenant pas à trancher sur le statut de la peine capitale. Faut-il la légitimer ou l’abolir?

Une question difficile à résoudre, et qui a longuement fait débat avec l’arrestation en mars 2010 de Kim Kil-tae, accusé de meurtre et de viol sur une fillette de 13 ans dans la ville portuaire de Busan, à Séoul. Un homme de 33 ans qui a déjà été condamné à deux reprises pour viol par le passé.

Je ne mets pas en doute la légitimité de la peine capitale, mais il est important de constater que bien des fois par le passé, celle-ci fut utilisée uniquement à des fins politique. Ainsi, à la fin du mois de janvier 2007, huit militants pour la démocratie ont été acquittés, trente ans après leur exécution. Ils avaient été accusés de trahison, pour avoir créé un parti politique clandestin en vue de renverser le régime autoritaire de l’époque.
En 1975, 23 étudiants et militants ont été exécutés pour rébellion, 20 heures seulement après que la Cour eut rendu son jugement; Avant qu’en décembre 2005, la Cour de Séoul ait ordonné la réouverture du procès, suite au rapport d’une commission gouvernementale qui venait de découvrir que les aveux des victimes leur avaient été arrachés sous la torture.



Mais revenons à Maundy Thursday et au cas du condamné à mort Yung-soo. Son crime est condamnable, mais le jugement n’est-il pas trop sévère? Cela laisse perplexe…

En conclusion, Maundy Thursday est un film que j’ai beaucoup apprécié et que je recommande vivement.
Émouvant de part ses personnages, et tragique de part le thème abordé de la peine de mort, c’est un film qui laissera une marque profonde dans les cœurs et surtout donne à réfléchir sur la question de la peine de mort, oui, mais aussi sur d’autres comme la valeurs de la vie, le crime, le pardon et l’acceptation. Bref, de quoi méditer longuement.

 

Hum ? Oui, j'écoute !

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