Après 2 mois et demi de biberonnage, j’ai ressenti un énorme besoin d’ailleurs et de dépaysement. Du vert et des feuilles, j’en vois tous les jours. Ce n’est pas ça le problème.
Le soucis, c’est que pour la plupart des mortels, soleil rime avec eau bleu et sable plus ou moins fin !
Et que dans ma petite commune, point d’exotisme, point de lac ni même de ruisselet.

Mais voilà… Où s’exiler pour quelques jours avec un bébé en bas âge ?
J’ai envie de dire : Au plus près !
Et où se trouve « au plus près » lorsqu’on habite en région Parisienne et que l’on souhaite patauger dans l’eau salée ?
Hé bien, en Normandie, en Bretagne ou à Berck Plage, pardis ! (Bein quoi ?!)

Je sors mon compas, mon mappemonde, mon clavier et me lance dans de folles recherches avec dans l’idée une seule prérogative : « J’aimerais bien visiter St Malo ».
Plusieurs fiascos (en plein mois d’août, tout est complet) et heures plus tard, je tombe sur un petit bijou ! Dormir dans une yourte !
Pour moi, qui caresse le lointain rêve de chevaucher aux travers des plaines désertiques de Mongolie, c’est une aubaine !
Imaginez-vous ! Vivre à l’heure des peuples nomades des steppes tout en restant en France ! Génial, non?!

Bon… une fois sortie de ma rêverie à grands coups de soupirs, je réserve un petit séjour, ravie de proposer de l’originalité à mes pré-ados de garçons.

Incrédulité : J’apprends, suite à la confirmation de réservation par téléphone, que nous n’irions pas au VILLAGE DE YOURTES mais au VILLAGE INSOLITE.
Ha bon…?
En fait, c’est juste la localisation qui change, me certifie mon interlocutrice.
Ha… D’accord…

Le jour J, nous prenons du retard. La Bretagne, ce n’est pas loin mais ce n’est pas non plus la porte à côté, hein !
Empaqueter toutes les affaires de bébé sans rien oublier prend déjà énormément de temps. Alors, lorsqu’il faut en plus tartiner une quinzaine de sandwiches et repasser les vêtements froissés (ce qui est absurde lorsque l’on compte voyager en voiture ! ), le départ se voit repoussé de 3 bonnes heures.
Résultat, nous ne serons pas présents pour les horaires d’accueil et d’arrivée (pour info, de 14h à 16h).

Un peu honteuse, j’appelle le village afin de m’excuser et de demander la procédure à suivre en cas de retard.
Très gentiment, un jeune homme me répond qu’il n’y aura plus de personnel après 16h, que notre yourte porte le numéro 2 et que la clé trônera sur la porte.

Très bien !

Vers 17h, ma première interlocutrice (celle de la réservation) me recontacte pour s’enquérir de notre position. Le ton est sec, légèrement nasillard. Elle me précise qu’elle a mon empreinte de carte bleue, des fois que l’envie de nous désister nous titillerait. Et que, par conséquent, le montant du séjour serait débité quoi qu’il arrive. (Heu… Hou la… Rigole pas la madame !)
Ce à quoi je rétorque que nous sommes bien sur la route et que j’ai déjà contacté l’accueil afin de les prévenir.
Elle rouspète alors que le message ne lui a pas été transmis et me répète les informations d’emplacement de la yourte.

Etant moi-même en faute, je n’ai pas réagi en conséquence mais avouons-le, ce comportement n’attire pas la sympathie. On est d’accord, non ?!

Nous arrivons à St Benoît des Ondes.

Coincé entre des champs et une ou deux bâtisses industrielles, on accède au village par un minuscule chemin avec pour seule indication un panneau style publicitaire.
Non visible de la route, il se situe tout de même non loin d’une plage peu fréquentée (à 500m environ).

Le camp ne ressemble en rien aux photos que j’ai pu admirer sur le net et pour cause, je n’avais pas cherché VILLAGE INSOLITE mais bien VILLAGE DE YOURTE !
Or, il n’y a pas que l’emplacement qui change…
Si le second semblait bien entretenu sur les images, celui-ci paraît broussailleux, livré à une végétation folle et complètement indépendante.

Autre déception, le parking extérieur est très réduit. Du coup, les voitures se garent près des yourtes. Je ne nie pas le côté pratique mais pour l’esthétisme et l’immersion, c’est loupé.

À l’entrée se trouve une petite maisonnette en bois qui abrite l’accueil et une épicerie d’appoint pour les produits de première nécessité.
Les enfants ont une balançoire et un trampoline à disposition.

Yourte n°2. Deuxième yourte sur la gauche lorsqu’on pénètre dans le village.

De l’extérieur, la tente semble toute petite. La porte doit mesurer dans les 1,50m. Attention à ne pas vous cogner trop fort. Chéri en a fait les frais et il a vu des étoiles !
J’ai moi aussi vécu une rencontre violente avec l’encadrement supérieur de cette porte mignonnette mais comme je suis également de taille réduite, le choc n’a pas été trop brutal. (Ce n’est pas toujours désavantageux d’être une lilipucienne!)

Devant la yourte, le sol est jonché de feuilles et de pommes tombées prématurément de l’arbre. (Dommage qu’elles n’étaient pas encore à maturité… Arfff.)
Une table et des chaises en plastique sont là comme à l’abandon, la pluie et les chutes de feuilles contribuant fortement à cet aspect. Si le temps avait été plus clément et le séjour plus long, j’en aurais fait bon usage. Dommage.

Sur la porte, un cadenas. Et accrochée au cadenas, une clé. C’est tout.
Pas de mot, ni de facture ou de quelconque indication.
Gênés, nous tournons la clé et tentons un coup d’oeil non assuré à l’intérieur.

La yourte est vide. Personne ne l’occupe.

Nous vérifions le numéro sur la porte. C’est bien celle-là.

Dedans, il fait nuit noire. Nous cherchons une source de lumière à tâtons. Avec soulagement, nous en dégotons plusieurs.

Les sentiments sont mitigés.

Les meubles nous forcent à sourire car, bien que typiques (ou du moins, bien imités), leur design nous fait automatiquement songer à des meubles de poupée.
D’ailleurs, un de mes fils lâche un : « Mais en fait, c’est une maison de Barbie !!! »
Décrépite, je me lance dans une vague explication sur les maisons Mongoles. En vain. Il ne m’écoute déjà plus, trop occupé à essayer les petits bancs de la table basse.

Par contre, la pénombre est loin de remporter l’unanimité !
Nous avons beau scruter le toit, nous restons perplexes… Pourquoi y’a-t-il de la laine de verre et une bâche dans l’ouverture ?!!!!
D’une, ça nous coupe de toute lumière naturelle et de deux, aucun air ne circule si la porte ne reste pas ouverte. La pièce devient vite étouffante.

Nous découvrirons dès le lendemain que la bâche est maintenue par des cordes qui permettent de la  glisser sur le côté de la yourte et ainsi, illuminer l’espace de vie à l’intérieur.

C’est tout bête mais faut-il encore le savoir. Sans guide pour vous le mentionner (que ce soit à l’arrivée ou au téléphone), ce détail peut vous gâcher un début de séjour.
En effet, je me voyais mal errer ici et là en mode vampire pendant plusieurs jours. Surtout que les boiseries peintes de motifs aux couleurs vives sont vraiment jolies. Ce serait outrageant de ne pas en profiter pleinement.

En ce qui concerne l’aménagement et les équipements, tout est propre, bien pensé et fourni.
Vous n’avez besoin de ramener que vos draps et vos serviettes.
Micro-onde, frigo, vaisselle, plaque de cuisson, poubelle, balai, bassine, radiateur électrique, chauffage à fioul, lampes… Tout y est !

Avec tout ce matériel, je m’attends à découvrir le listing à checker, posé quelque part en évidence. Toujours rien.

Haaa… on s’en fiche des choses cassées alors ? On ne le mentionne à personne ? On fait ce que l’on veut ?

Soudain, une voix retentit dans ma tête : « De toute façon, on a votre empreinte de carte bleue. » [ Hummmoui, c’est vrai ! J’avais déjà oublié ce minuscule détail ! Au temps pour moi ! ]

Sachez donc que toutes ces choses sont à votre disposition gratuitement. On vous fait confiance. À vous d’en prendre le plus grand soin et de les rendre dans l’état.

Dans un des tiroirs vous trouverez un classeur avec différentes informations comme, par exemple, les sites à visiter ou encore, le mode d’emploi du toit amovible. Si nous avions de suite ouvert tous les placards, nous n’aurions pas tâtonné toute la nuit dans le noir absolu. M’enfin…
Dans ce même classeur, vous apprendrez quelques us et coutumes à respecter dans une yourte. Très sympa comme idée. J’ai beaucoup aimé cette attention.

Passons aux meubles.

Nous occupons une des plus grandes yourtes. Une trentaine de m² en superficie. Peut-être même plus. Elle peut accueillir jusqu’à 6 personnes. Elle propose un lit à deux places, deux lits pour une personne et deux lits gigognes.
Les matelas sont protégés par une légère alèse.
Il y a un oreiller pour chaque pensionnaire et des couettes plutôt chaudes.

Près des lits qui servent également de canapés, vous disposez d’une table basse et de ses tabourets.
La grande table à manger occupe l’espace jusqu’à la porte d’entrée. Pas d’inquiétude pour les assises, il y en a en quantité plus que suffisante. Tout le monde aura sa place.
Viennent ensuite les armoires à buffet qui sont bien garnies grâce à la vaisselle qu’elles contiennent.

Et l’eau ? Pas de lavabo ?

Hé non, le village de yourtes fonctionne comme un camping. Les commodités sont à l’extérieur dans un bâtiment qui regroupe les douches, les WC et un local pour laver votre vaisselle ou bien laver et sécher votre linge.

Ce n’est pas l’endroit que j’ai préféré. Disons que la co-habitation avec les autres vacanciers n’est pas des plus agréables. Les sourires et les bonjours sont rares. Sans nul doute que la proximité provoque une certaine gêne… Toujours est-il que je ne m’attardais pas bien longtemps en ces lieux.
Compter les minutes de brossage de dent en épiant sa voisine du coin de l’oeil, le tout, dans un silence mortuaire… Erf, quelle aubaine !

Mais après tout, ce sont les contraintes des complexes du style camping. On aime ou on n’aime pas. Et pour le coup, il serait tout à fait juste d’affirmer que je n’aime pas.
Je préfère encore me laver au seau et au fin fond d’un champ plutôt que d’attendre, la serviette sur l’épaule et le gel douche à la main, qu’une cabine de douche, déjà moite, se libère. (Je vais m’abstenir de parler de pilosité vagabonde coincée dans le syphon. Si, si, c’est mieux !)

Pour finir (il faut bien), je vais donner mes impressions qui finalement sont extrêmement floues, perdues entre la déception et la satisfaction d’avoir inscrit un souvenir rigolo dans nos mémoires.

S’il existe bien un fait indéniable dans ce village, c’est la propreté. Tout est nickel. Que ce soit dans les maisonnettes ou dans les locaux communs, tout est propre. Et pourtant, il persiste comme une sensation d’atmosphère poussiéreuse dans la yourte. Sûrement à cause du revêtement en tissu des parois qui doit absorber toutes les particules qui flottent dans l’air.
Encore une fois, c’est très personnel comme ressenti. On n’y peut pas grand chose à part, peut-être, tout démonter et battre la bâche comme on le ferait avec un tapis. C’est limite insensé !

L’autre chose qui m’a chiffonné c’est ce que dégage la yourte. Elle me semble si froide, si impersonnelle et ce, bien que je sois tombée amoureuse des peintures mongoles. Je ne saurais l’expliquer. J’ai connu des mobil-homes plus chaleureux. C’est une contradiction impossible à décrire.

Je pense que je m’étais faite de trop grandes idées de notre foyer éphémère. Comme je vous l’ai expliqué, je me voyais déjà au coin du feu qui crépiterait dans un poêle au milieu de la tente… Bref, dans une vraie yourte, quoi !
Forcément, pour diverses raisons (dont de sécurité), c’est impossible !

Pour la petite anecdote, nous avons « survécu » à un orage qui s’est déchaîné, en pleine nuit, au-dessus de nos têtes ! Côté véracité, j’ai tout de même été servie ! N’en demandons pas tant ! (Elle faisait moins la maligne, la Lisa ! Ho, tu veux de la sensation forte ?! Tiens, mange-toi le tonnerre et les éclairs !)

Pour résumer, je voulais de l’aventure et du typique dans un endroit qui propose du calme et du « comme si ». Car oui, pour apprécier pleinement ce village insolite, il faut avant tout avoir envie de calme et de nature. Point de grands axes bruyants dans les environs. Tout au plus, quelques habitations et un peu de sable.
Uniquement du silence et du repos ! C’est d’ailleurs dont se targue le site internet à visiter ICI. On vient chez eux pour se ressourcer !

Qui plus est, pour parfaire cette quiétude, il paraît que vous pouvez réserver des séances de modelage aux huiles essentielles. Je n’ai malheureusement pas essayé.

Les tarifs varient selon la période mais dans l’absolu, comptez 60€/ nuit pour deux personnes et rajoutez 10€/ nuit et par locataire supplémentaire. Est-ce cher payé ? Tout dépend du point de vue. Si on prend en considération tout ce qui nous est prêté ou donné, le prix devient honorable.

Dans tous les cas, ce village de yourtes reste un endroit original proche de St Malo, de Dinan ou du Mont St Michel à tester avec ses enfants (à deux, on tourne vite en rond). À condition de les emmener se défouler ailleurs, sous peine de se faire fouetter par des voisins peu enclins à réceptionner des ballons lancés à toute puissance sur leur yourte.

 

 

 

Hum ? Oui, j'écoute !

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