Into the MIRROR

Synopsis

Woo Young Min travaille pour le centre commercial Dreampia où il occupe, mollement, le poste d’agent de sécurité. Il vit avec un lourd passé qui lui pèse sur la conscience. Avant d’intégrer ce nouveau job, pistonné par tonton, il était l’un des espoirs montants de la police. Mais après avoir causé la mort de son co-équipier, il démissionna.

Quelques jours avant l’ouverture officielle de Dreampia, une employée de la direction est retrouvée morte, dans les toilettes. Au premier abord, cela ressemblerait fort à un suicide.
Une fois la police sur place, l’inspecteur Heo fait voler cette théorie en éclat en affirmant qu’il s’agit d’un meurtre. Le face à face entre Woo et Heo est électrique. Les deux hommes se connaissent et nourrissent du ressentiment l’un envers l’autre.

S’ensuit un second meurtre. Heo fait un lien avec le violent incendie qui ravagea le Hall des expositions du magasin, quelques mois auparavant, et qui causa la mort de Lee Ji Hyeon, une autre employée de la direction. Heo est alors persuadé qu’un tueur en série sévit dans les couloirs du centre. Woo, lui, assiste à des évènements étranges et non-expliqués. Il croit voir une silhouette dans les miroirs. Malheureusement, Heo ne prêtera aucune attention aux intuitions et témoignages de Woo, lui ricanant même au nez.
Et pourtant… Et si la clé de l’énigme se trouvait de l’autre côté du miroir ?

 



 

Infos
Réalisation et scénario : Sung-ho Kim
Musique originale : Il Won
Montage : Sun-min Kim
Producteur : Kim Eun-young
Pays d’origine : Corée du Sud
Genre : Policier, horreur
Sortie : 2003
Durée : 113 min
DVD : Oui

Casting
Ji-tae Yu : Woo Yeong-min
Myung-min Kim : Heo Hyeon-su
Hye-na Kim : Lee Ji-hyeon / Lee Jeong-hyeon
Ju-bong Gi : Jeong Il-seong
Myoeng-su Kim : Choi Sang-gi
Young-jin Lee : Choi Mi-jeong
Eun-pyo Jeong : Kim Il-hwan

 

 

 

Mon Avis

Je ne suis pas friande des films d’horreur et c’est à reculons que j’ai commencé celui-ci. Les titres du cinéma d’épouvante Asiatique ne me sont pas inconnus mais je ne me risquerai pas à me poser devant un RING, par exemple.
Erf… Flippette, je suis. Flippette, je resterai!

INTO THE MIRROR est classé dans cette catégorie à tort. Comme le laisse présager sa bande-annonce, il s’agit bien plus d’un thriller policier. Les adeptes des fantômes aux longs cheveux poisseux seront déçus.

Quelques mots sur l’histoire en elle-même… C’est du basique. Rien d’original. Deux protagonistes s’opposent jusqu’à en venir aux mains pour finalement joindre leurs forces, une fois la rancune dépassée. Un fantôme vengeur hante les miroirs d’un centre commercial. Des soeurs jumelles pour brouiller les pistes. Des meurtres inexplicables et inexpliqués pour nos deux rivaux.
Du vu et revu. Le suspense atteint difficilement les 0,5%. On devine très vite la suite des évènements et on comprend bien trop tôt ce qu’il se trame dans ce magasin.

Woo Yeong Min est un personnage torturé. Il fait des cauchemars, boit tous les soirs jusqu’à sombrer dans l’amnésie. Chaque matin, il a tout oublié de la veille. Et le lendemain, il réitère. Puis les victimes commencent à pleuvoir et on s’attend à un certain dynamisme de sa part. Alors oui, il se réveille et se secoue le postérieur mais à sa manière. C’est à dire, sans se presser. On a le sentiment qu’il a, tout bonnement, accepté de vivre avec ses démons. Il finit par s’énerver un peu mais on aurait vraiment souhaité le voir se sortir de sa léthargie dépressive.

L’inspecteur Heo n’est pas bien plus profond. Il court après une promotion et refuse d’admettre qu’il est dans l’erreur. Surtout si ça doit lui coûter ladite promotion. Il en veut à Woo pour le décès de l’agent Kang qui, avant d’être le co-équipier de celui-ci, était tout d’abord son ami à lui. Donc s’il y a une personne que Heo ne veut pas écouter c’est bien Yeong Min. Ce qui, évidemment, va ralentir l’enquête et mener sur de fausses pistes.

Vous le voyez? Vraiment rien d’exceptionnel…

Ce qui est hautement plus intéressant dans ce film c’est l’exploitation des miroirs. Ne vous attendez pas à voir un fantôme tâché de sang émettant des gargouillis, il n’y en aura pas! Et à mon avis, c’est bien là où réside tout l’intérêt du film.

Les deux premières scènes incluant les miroirs sont judicieusement tournées et d’un esthétisme indéniable.

Elles agissent sur le spectateur avec une efficacité redoutable en tendant l’atmosphère.
On guette le moindre geste de la personne dans la glace en retenant son souffle. La manière de tuer, ainsi que le choix des armes font, eux aussi, preuve d’ingéniosité. Les amoureux des tripes sanguinolentes seront déçus, un fois de plus. Il n’y aura pas d’éclaboussure. On se concentrera sur la peur et l’impression étouffante de ne pouvoir y réchapper, rythmées par une musique stridente que j’ai estimé aussi insupportable que celle des nanars des années 80. MAIS, que tout le monde se rassure, il semblerait que je sois la seule.

De toute évidence, le réalisateur cherche à nous faire réfléchir, tout le long, en évoquant la théorie du double dans le miroir. On devine un monde parallèle qui pourrait exister derrière celui-ci. Puis c’est au tour de la schizophrénie d’y être dépeinte par le biais de la gémellité. Lee jong Hyeong parle à son reflet convaincue qu’elle parle à sa soeur morte.
Phénomène paranormal ou dédoublement de la personnalité?
On se posera la question jusqu’au bout…. Ou presque.

Seulement voilà, on garde un goût de pas assez dans la bouche. Ces sujets passionnants ne sont que survolés, laissant la part belle à une enquête ennuyeuse qui piétine et ce, pour aboutir à un mobile banal. L’intrigue mal menée nous permet de démasquer le criminel trop vite. Sans parler des longueurs qui pourraient fatiguer les impatients.
Puis, le monde de l’étrange et le réel s’emmêlent, ne font plus qu’un et nous font perdre pied. J’ai trouvé ça ridicule. La part de mystère, qui portait tout le scénario jusque là, s’envole en fumée. Et l’intérêt qu’on pouvait lui accorder suit le même chemin.

Cependant, la fin du métrage vous laissera pantois. Une
chute très intelligente et inattendue que j’ai continué à décortiquer des heures plus tard.

Où est le réel? Sommes-nous vraiment sains d’esprit? Et si, sans le savoir nous étions cette personnalité dans le miroir?

Pour conclure, entre bâillements et torture psychologique, vous risquez d’être partagé. Pour faire simple, si vous aimez les thrillers, regardez-le. Bien qu’un peu longuet, il a le don de piquer la curiosité par l’ambiguïté du miroir et du reflet de soi.
Si vous préférez l’adrénaline, le gore et sursauter à chaque passage devant une glace dans le noir, passez votre chemin. Ce film n’est pas fait pour vous.
Je vous conseillerais plutôt de tenter son remake US: MIRRORS. Vous en gagnerez deux pour le prix d’un puisqu’il existe deux volets aux Etats Unis.
D’après les comparatifs des internautes, la version américaine a fait quelques heureux du côté de ceux qui aiment avoir la frousse.

Personnellement, je me contenterai de la version Coréenne. Déjà parce que c’est l’originale, ensuite parce que mon coeur bat pour le ciné Asiat’ et puis, les boyaux, ce n’est vraiment pas un déclencheur de plaisir chez moi!

Je vous l’ai dit: Flippette je suis. Flippette, je resterai!