NORIGAE

SYNOPSIS

Une jeune actrice en recherche de gloire, Jung Ji Hee, se suicide. Un journaliste à la mauvaise réputation, Lee Jang Ho, suspecte une sombre affaire impliquant l’industrie du show-biz. Il mène sa propre enquête, convaincu que la police a négligé la sienne.
Il sait que la victime a laissé derrière elle un carnet compilant les noms d’hommes puissants avec qui elle assure avoir eu des relations sexuelles forcées, orchestrées par son manager.
La procureure Kim est chargée de plaidoyer pour l’accusation. C’est son premier cas au tribunal. La partie adverse l’incite à abandonner tout espoir de réussite en faisant pression sur elle.
Il lui faut une preuve solide contre les bourreaux de Ji Hee : le fameux carnet dans lequel elle raconte tout et que le journaliste Lee recherche. Cependant, celui-ci reste introuvable…
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TRAILER

 


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INFOS

Titre original: 노리개
Titre romanisé: Norigae
Autre titre: The Secret Scandal
Genre: Thriller, Loi, Drame
Durée: 100 minutes
Langue: Coréen
Couleur: Couleur
Pays: Corée du Sud
Date de sortie: 18 avr 2013
Distribution: Event D
Société Productrice: Mountain Pictures
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RÉALISATION

Réalisateur: Choi Seung Ho
Scénariste: Choi Seung Ho
Basé sur: L’affaire de l »actrice Jang Ja Yeon
Producteur: Lee Jae Sik
Musique: Ahn Hye Sook
Cinématique: Park Jung Hoon
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CASTING

Ma Dong-seok est le journaliste Lee Jang-ho
Lee Seung-yeon est la procureure Kim Mi-hyeon
Min Ji-hyun est l’actrice victime Jung Ji-hee
Lee Do-ah est l’actrice Ko Da-Ryoung
Gi Ju-bong est le président Hyoun Sung-Bong
Park Yong-soo est l’avocat Yoon Ki-Nam
Seo Tae-hwa est le juge Lee Sung-Ryeol

 

MON AVIS

Avant d’entrer dans le vif du sujet, attardons-nous sur le fond de ce film.
NORIGAE est un ornement traditionnel qui se porte souvent avec un hanbok. Mais ce mot peut également signifier SEX TOY.
Le scénario est basé sur un fait de société qui a secoué la Corée du Sud en 2009 avec le suicide de l’actrice Jang Ja Yeon (Boys over flowers).
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RETOUR SUR L’ AFFAIRE


Le 07 mars 2009, l’actrice en devenir, Jang Ja Yeon, est retrouvée morte dans son appartement par sa soeur. Elle laisse une lettre expliquant les sévices imposés par son agence de management. D’après ses dires, ils l’obligeaient à coucher avec différents noms de l’industrie du spectacle, de grandes entreprises, du journalisme et de la finance.

Malgré les déclarations de la défunte, la police classe rapidement le dossier concluant à un simple suicide.

En novembre 2010, le directeur d’agence et le manager de la jeune actrice sont condamnés à 2 ans de prison et à 160 jours de travaux d’intérêt général.

En mars 2011, la chaîne SBS dévoile un document de 230 pages écrit par la victime qui révèle tous les détails de sa longue période de galère. D’autres cas de victimes y sont mentionnés sans pour autant citer les noms.
La Corée apprend alors que Ja Yeon aurait servi sexuellement 31 hommes plus de 100 fois.
Voici ce qu’elle affirme et demande :

 

“ S’il vous plaît, vengez-moi. Il n’y a aucun moyen de sortir de ce milieu. Les hommes qui sont venus me voir pour recevoir des services sont le mal en personne. J’ai du [les] servir plus de cent fois. A chaque fois que j’avais des nouveaux vêtements à porter, il fallait que je rencontre un nouveau démon. Et pas seulement à Gangnam, j’ai aussi du le faire au Suwon Karaoke et dans plusieurs salles de clubs. Même le jour de la commémoration de mes parents, j’ai du servir ces hommes. Puisque j’ai fait une liste, vengez-moi après ma mort. Même si je meurs, je me vengerai depuis ma tombe. ”

 

L’ex-directeur de l’agence de Ja Yeon continue à démentir toutes les accusations.

Des graphologues de la police scientifique démentent alors la véracité des allégations de la chaîne de télévision en proclamant qu’aucune lettre n’a été écrite de la main de Ja Yeon mais par un certain Mr Jun.

L’homme en question est condamné à 8 mois de prison et 2 ans de probation en janvier 2013 pour confection de faux documents.

 


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Le film s’inspire fortement de l’histoire de Jang Ja Yeon. Bien que ce soit une fiction, il est facile de reconnaître plusieurs protagonistes de cette affaire macabre.
Proche de la réalité, le réalisateur, Choi Seung Ho, nous invite à pénétrer dans la salle de tribunal où sont exposés les derniers instants de la vie de l’actrice Jung Ji Hee.
Au travers de ces images tournées dans un espace confiné, il tente de nous joindre à l’horreur de certaines confidences.

Si l’acte de dénonciation nous réjouit, la critique sur le fait de société en lui-même est voilé. Le réalisateur ne cherche pas à nous faire réfléchir.
Bien sur, les actes racontés sont ignobles mais bien que nos avis sur le sujet soient déjà forgés, je pense que tout ceci méritait plus de profondeur.

Les scènes s’enchaînent sur un rythme linéaire presque sans âme. On nous parle de Ji Hee sans trop nous la montrer. Il nous manque une bonne dose de compassion pour cette fille qui a été obligée de prêter son corps d’innombrables fois.

Le film se focalise bien plus sur les raisons de la soumission de l’actrice. On nous explique l’engrenage dans lequel sont jetés certains rookies qui ont travaillé d’arrache-pied et ce, de nombreuses années. S’ils veulent décrocher un job, ils doivent accepter de donner de leurs personnes sinon, c’est la fin.
Pour ne pas décevoir leurs familles, ni la société, ces jeunes personnes sombrent dans la désillusion et le désespoir.
Les chiffres sont alarmants. Ils pointent du doigt un phénomène obscur que dissimule la production d’idoles coréennes.

Puis, au milieu de tous ces plans simples surgissent des scènes crues dénuées de toute pudeur, infligeant un gros mal être au spectateur. Attendez-vous à quelques secondes affligeantes !
On y voit les violents ébats de Ji Hee qui, pour le coup, nous poussent à éprouver du dégoût et de l’indignation. Mais malheureusement, toujours pas de réelle compassion…

Les grandes pontes sur le banc des accusés sont dépeintes comme des démons au premier abord, puis semblent être dédouanées en fin de film.
Après tout ce n’est pas uniquement de leur faute… C’est ce que l’on comprend.
Encore une erreur de réalisation traduisant le même désir de dénonciation, oui, mais sans trop se mouiller.

En conclusion, ce film laisse à désirer. Le réalisateur a un sujet brûlant entre les mains qu’il ne sait pas développer. Le scénario s’avère stérile et l’ambiance n’agrippe pas assez votre attention.
Aucune morale n’en ressort et au final, la mémoire de la défunte demeure souillée au profit du politiquement correct.

Dommage…
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