THE EXECUTIONER

SYNOPSIS

Oh Jae-Kyung, nouvelle recrue d’un centre pénitencier, est dès sa première journée confronté à la réalité brute de ce que signifie être gardien de prison. Entre ses altercations avec les prisonniers qui ne le voient que comme un petit bleu impressionnable, et la froideur dont fait preuve à son égard son ainé, Bae Jong-ho, un officier désabusé et intraitable, qui ne cesse de lui répéter qu’il n’a pas l’étoffe pour ce que le métier exige, Oh Jae-Kyung est bien malmené. Cependant, celui-ci persiste.
Perdant peu à peu de sa candeur, il finit par se rapprocher de l’officier Bae ainsi que de ses méthodes musclées. Une certaine relation commence à se développer entre les deux hommes, se soutenant mutuellement aussi bien pendant les heures de travail que dans la vie privé. Bae Jong-ho prend Oh Jae-Kyung sous son aile et lui enseigne ce que lui-même à tirer comme leçon de toutes ses années de services, à savoir que la seule façon de dompter un criminel dangereux réside dans la violence et l’intimidation. Tandis que Oh Jae-Kyung, lui, tente d’améliorer le caractère social de cet homme abrupt et solitaire.
Tout ce quotidien déjà chargé de tension, se retrouve soudain encore plus ébranlé le jour où, face à la récente recrudescence de crimes violents en Corée, le gouvernement décide de procéder le même jour à trois exécutions dont prendront part Bae Jong-ho et Oh Jae-Kyung. Une approche de la mort qui leurs laissera de profondes séquelles et bouleversera le cours de leurs vies à jamais…


 


 

FICHE TECHNIQUE

Titre Original: 집행자 (Jiphaengja)
Titre Anglais: The Executioner
Réalisateur: Choi Jin-Ho
Pays: Corée du Sud
Genre: Drame carcéral
Durée: 96 minutes
Année: 2009


CASTING

Jo Jae Hyeon: l’officier Bae Jong-ho
Yoon Kye Sang: l’officier Oh Jae-Kyung
Park In Hwan: l’officier supérieur Kim
Cha Soo Yeon: Eun-Joo, la petite amie de Oh Jae-Kyung
Jo Seong Ha: le condamné à mort Chang Yong-doo
Kim Jae Geon: le condamné à mort Seong-hwan

RÉCOMPENSE

Mention d’honneur décernée par le jury de l’AQCC lors du 14ème Fantasia Film Festival (juillet 2010) pour « sa grande rigueur, la densité des personnages et la sobriété de la représentation de la mort et de la violence ».


MON AVIS

Premier long-métrage du réalisateur Choi Jin-ho et premier film sud-coréen à avoir été tourné dans une vraie prison, The Executioner a pour thème central l’univers carcéral et pose la question de l’éventuel rétablissement de la peine de mort en Corée du Sud.

 

Il faut savoir qu’en Corée du Sud, la peine capitale s’effectue par pendaison et est autorisée dans 103 délits, dont 19 mentionnés dans la Constitution (parmi lesquels l’homicide et l’espionnage) et les 84 autres mentionnés, pour la plupart, dans la « Loi sur la Sûreté nationale » (soit un ensemble de sanctions punissant la moindre expression de sympathie envers la Corée du Nord).
Bien qu’elle soit toujours légalement maintenue de nos jours, son application reste cependant en suspend, le pays ayant rejoint en décembre 2007 les rangs des pays abolitionnistes, en pratique, après une période moratoire de 10 ans sur les exécutions.
Les dernières exécutions remontent donc au 31 décembre 1997, date à laquelle 23 personnes ont été mises à mort.
Depuis lors, deux personnes ont été condamnées à mort pour meurtre en 2006. Et au 1er janvier 2008, on dénombrait 58 personnes attendant dans le couloir de la mort, le gouvernement ne parvenant pas à opter pour une exécution ou instituer une peine de réclusion à perpétuité sans possibilité de la réduire.
Plus récemment encore, en février 2009, suite à l’émoi et à la colère provoqués par l’arrestation d’un homme soupçonné du meurtre de sept femmes, la possibilité du recours à la peine capitale fut de nouveau au cœur de tous les débats. C’est d’ailleurs, je pense, cet épisode qui a en partie inspiré le réalisateur de The Executioner puisqu’un des personnages du film, le tueur en série Chang Yong-doo, condamné à mort pour avoir mutilé 12 femmes, est celui qui déclenchera la reprise exceptionnelle des exécutions après 12 années d’abstention.

 

La peine de mort est un sujet d’une grande complexité morale. Pour ou contre, bien ou mal, ce qui est certain c’est qu’elle déclenche toujours controverses et interrogations! Et le cinéma n’en est pas en reste. Nombreux sont les films qui, sans donner pour autant de réponses définitives, abordent tout du moins la question et tentent d’ouvrir le débat.
Cependant, ce qui est intéressant dans The Executioner est qu’il se focalise sur le vécu et ressenti des gardiens de prison, et non comme c’est souvent le cas dans la plupart des autres films, sur celui des prisonniers eux-mêmes.


On a ainsi différents points de vues: celui tout d’abord des officiers Oh Jae-Kyung et Bae Jong-ho, deux hommes que tout oppose au début. L’un est un novice naïf qui ne sait pas encore tout ce qui l’attend, l’autre est un vétéran qui a tout vu ou presque, et qui ne croit qu’en la discipline et la punition. Il n’hésite pas dès que la situation le demande à faire appel à la violence, traitant les prisonniers avec dureté et mépris. En plus de ses méthodes, il va jusqu’à employer des mots très durs et compare à plusieurs reprises les détenus à des déchets, des ordures. Complétement blasé, il reste sans pitié quelques soient les circonstances.

En suivant le parcours de ces deux hommes c’est toute la réalité de la vie carcérale qui nous est présentée, dans tout ce qu’elle a de plus brutale et cruelle.
Puis, à coté de ça, nous avons l’officier supérieur Kim, un vétéran lui aussi, mais qui contrairement à Bae Jong-ho connaît la compassion et croit en la réadaptation et la rédemption des prisonniers. Il mène d’ailleurs à ce propos une très belle amitié avec l’un deux, le condamné à mort Seong-hwan, avec qui il aime discuter et jouer aux échecs de temps à autre.

 

Sombre, provoquant, parfois violent et un peu sanglant, The Executioner livre un tableau poignant de ce que vivent ces hommes loin d’être parfaits, ainsi que de leurs dilemmes moraux, amenant le spectateur à expérimenter des émotions contradictoires. Car, comme le titre du film l’indique, ces gardiens de prison peuvent devenir des « executioners », soit des bourreaux en français. Devenant tueurs à leurs tour à la solde de l’état, valent-ils mieux que ces assassins qu’ils condamnent? La question est posée. Une chose est néanmoins sure, c’est que quels qu’ils soient, jamais aucun d’eux n’en sortira indemne. Ce que soit pour « la bonne cause » ou non, porter d’une manière ou d’une autre la mort à un autre être n’est pas un acte si facile à exécuter, et encore moins à assumer psychologiquement.

La scène presque finale centrée sur les trois exécutions, reste la scène la plus chargée en émotion du film. Mais aussi sans nul doute la plus choquante.
Mais, désireux de pousser la réflexion encore plus loin, le réalisateur Choi Jin-ho va même jusqu’à faire un rapide parallèle entre la peine de mort et l’avortement, en s’interrogeant sur la moralité des deux, puisque dans les deux cas c’est une vie humaine qui est consciemment ôtée.

 

Néanmoins, malgré ses efforts et toute sa densité, je n’ai pas pu m’empêcher de trouver dans l’ensemble The Executioner un peu plat et classique, dans le sens où il n’apporte rien de plus que tout ce qui nous a déjà été donné de voir jusqu’à présent. Meme si le jeu des acteurs est tout à fait satisfaisant, il manque un petit je ne sais quoi au film qui le dynamiserait davantage et le rendrait plus prenant.
Autre point négatif, la vision un peu caricaturale qui se dégage des personnages. Bien que chacun d’eux, gardiens et prisonniers confondus, soient des personnages forts et surtout jamais présentés (ce qui est une très bonne chose!) comme des saints aux actes et pensées irréprochables (je pense bien évidemment aux gardiens en disant cela), j’ai tout de même déplorer l’image un peu trop démoniaque donnée à l’affreux et vicieux tueur en série Chang Yong-doo, et au contraire celle trop angélique du condamné à mort repenti Seong-hwan, qui ressemble plus à un vieille homme aussi inoffensif qu’un enfant alors que celui-ci a, ne l’oublions pas, brutalement assassiné trois personnes par le passé. Bien sur, je sais que Choi Jin-ho a voulu représenter les deux aspects des prisonniers. Cependant j’ai simplement trouvé cela un peu trop cliché.
En conclusion, The Executioner est un film sombre qui se veut « coup de poing ». Son but est clairement de faire réfléchir sur un sujet complexe dans un pays où la question de la peine de mort n’est pas tout à fait exclue.

 

 

Hum ? Oui, j'écoute !

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