NAMDAEMUN a réouvert sa porte

Le 11 février 2013 a été un grand jour pour la ville de Séoul. La porte de Namdaemun s’est vue débarrassée des grandes plaques qui cachaient les travaux de restauration entrepris sur la belle depuis 5 ans.

Achevée en 1398, la porte de Namdaemun (Grande porte du sud), nommée à l’origine Sungnyemun (Porte des cérémonies élevées), était l’entrée principale de Séoul durant l’ère de Joseon. En plus de celle-ci, 7 autres portes ouvraient un passage vers la capitale, le long d’une muraille qui s’étalait sur 18 km.

Cette porte a su braver les siècles, se tenant droite et fière face aux différentes guerres qui se sont abattues sur la Corée du Sud.

Bien qu’elle ait été restaurée de nombreuses fois, le fait que ce monument construit en pierre mais surtout en bois traverse les âges, intacte, relève presque du miracle.

Tant et si bien que les services du patrimoine la classe, en 1962, à la première place des trésors nationaux Coréens.

Encore aujourd’hui, elle surplombe de sa superbe les abords du centre historique de la ville et ceux du marché de Namdaemun dont la création date de 1414. C’est le marché le plus ancien  mais aussi le plus grand de Seoul où l’on trouve de tout, à bon prix à condition de savoir négocier et ceci, à toute heure du jour ou de la nuit. À l’opposé de la porte, au nord donc, trône le palais royal.

Le dimanche 10 février 2008 marque le jour de sa chute, plongeant les Séouliens dans l’indignation.
Un homme de 69 ans, Chae Jong Gi, déverse du white spirit sur le sol du second étage de la porte et y met le feu. Les flammes dévorent avidement la structure en bois en ne laissant aucun répit aux pompiers qui ne parviendront pas à maîtriser l’incendie.

Vers 20h30, des témoins affirment avoir vu un homme portant un sac entrer dans la porte, et ce, peu de temps avant que le feu ne parte. La police est alertée.

6 mns après, pas moins de 300 pompiers sont dépêchés sur les lieux sinistrés. Ils sont incapables de prendre les bonnes dispositions. Ce bâtiment hors du commun, construit à base de bois, n’entre dans aucun cas de figure auquel ils ont pu être confrontés jusqu’à présent.


1h30 plus tard, c’est le retour de flamme. Les combattants du feu croient à tort que la situation est sous contrôle. Ils ne voient qu’une épaisse fumée jaune. Des brasiers repartent au niveau supérieur et détruisent totalement le toit. Et pour cause, le feu dormait entre les tuiles et une fine couche de terre, servant à l’isolation.
Les pompiers ne pouvaient pas deviner ces informations sur les techniques anciennes de constructions.
Ils n’ont pas été formés sur les architectures datant du 14ème siècle.

De plus, les autorités auraient formellement interdit la destruction d’une partie du toit.
Les pompiers n’ayant pas un accès convenable aux foyers qui s’embrasent ici et là, n’ont pas d’autre choix que d’abandonner tout simplement.

Le lendemain, la porte est condamnée après des heures d’une bataille acharnée dans laquelle ces derniers s’avouent vaincus.

Quelques images de ce triste événement, regardez:
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Mais quelles sont les sombres motivations de Mr Chae?

Rien qui ne justifie un tel crime!

L’homme vend des terrains à des promoteurs immobiliers affiliés à l’état. Mais ceux-ci ne lui versent pas la totalité de son dû.
C’est donc une revendication si on en croit les dires de l’accusé.

Peu banal… Oui, mais pas en ce qui concerne Chae Jong Gi qui a déjà comparu pour des faits similaires.

En 2006 il avait déjà tenté de mettre le feu au palais Changgyeong. Il s’en était tiré à bon compte en écopant d’un an et demi de prison avec sursis.
C’est une des raisons qui attisent la colère des Coréens et les chagrinent profondément. Si cet homme avait été correctement puni, la porte n’aurait pas brûlé en ce 10 février 2008.
Deux jours après, la police embarque le criminel qui n’oppose aucune résistance et propose des aveux de lui-même.

Lee Myung Bak, président à ce moment là, appelle à la solidarité et organise une campagne afin de récolter les dons des citoyens.

Depuis, des ouvriers travaillent minutieusement à la reconstruction de l’édifice. L’auteur du crime, Chae Jong Gi participe lui aussi aux travaux. Réparer les dégâts qu’il a causé est un minimum. Espérons que cela lui serve de leçon à l’avenir.

Ainsi, bien à l’abris des regards et des intempéries, il aura fallu 5 ans, jour pour jour, et un coût de 20 milliards de Wons pour redonner à la dame toute sa beauté d’antan. Le bois spécifique pour les charpentes n’est pas aisé à trouver et c’est ce qui explique ces longues années de patience.

Mais c’est chose faite. La porte de Namdaemun revit enfin et accueille à nouveau les touristes et les passionnées d’histoire en son sein.

La Corée du sud est un contraste de tradition et de modernité. Elle s’est souvent relevée de ses cendres. On peut dire que son trésor n°1 est désormais à son image. Blessée par le passé, elle renaît plus forte que jamais. Le souvenir d’une longue existence restera à jamais gravé dans ses murs.


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Crédits photos ThousandWonders , Korea.net

4 commentaires

    1. Déjà, merci à toi plutôt. Hé hé. Et ensuite, si j’ai pu apporter de nouveaux éléments, alors, mon taf est réussi.

      J'aime

Hum ? Oui, j'écoute !

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