Ho my God ! Ils ont tué Saint Seiya !

Alors les gens ?! J’vous ai manqué depuis hier ?! Non…?! Rooooh les vilains !
Bon, béh… Aujourd’hui, me revoici plus pinailleuse que jamais !
Oui, j’ai envie de dénoncer un crime de haute trahison :

Le film CHEVALIERS DU ZODIAQUE – LA LÉGENDE DU SANCTUAIRE

La sortie était prévue pour le 25 février 2015. Sauf que, tu l’as peut-être compris, petit internaute, j’ai fauté une fois de plus en cédant au téléchargement !

Mais le crime ne se trouve pas dans ce geste de facilité absolue, votre majestique honneur… Non. Négatif !

L’innommable délit réside dans cette adaptation hideuse en 3D d’un des mangas anthologiques de mon enfance.

Bien que je voue un profond respect à la TOEI, je me sens incapable de cautionner ce que je considère comme un méfait visuel.

Ils ont violé Saint Seiya, quoi !

Apparue en 1986, la série diffusée par le Club Dorothée fait instantanément des émules. Même si elle est loin d’être parfaite (rappelez-vous tous ces épisodes consacrés à la montée d’escaliers interminables!), elle reste gravée dans nos petites mémoires de grands enfants.

En y réfléchissant bien, je suppute que ce massacre déguisé en long métrage n’est pas destiné aux fans confirmés. Il doit tout simplement s’adresser à la jeunesse d’aujourd’hui. Je ne vois pas d’autre explication valable…

Le pitch est sensiblement le même que celui de l’oeuvre originale de Masami Kurumada :

Saori est une adolescente qui porte le pouvoir de la déesse Athéna en elle. Cinq chevaliers de bronze la protègent du mal qu’elle combat.
Le Grand Pope qui trône au sommet du sanctuaire menace la vie de la jeune fille. Elle reçoit une flèche en plein coeur. Il ne lui reste plus que 12h à vivre. 12h durant lesquelles, les 5 garçons devront affronter, un à un, les chevaliers les plus puissants de l’univers. Ceux à l’armure d’or.

Avant de déclencher la machine à broyer, je vous propose deux extraits qui vous plongeront dans l’ambiance du film. C’est déjà au premier abord… hum… particulier.


 



Dès le début, quelque chose ne tourne pas rond. Saori apprend l’existence des chevaliers de bronze et les rencontre pour la première fois alors qu’elle se fait attaquer par le sosie de Prédator.

Hmoui… pourquoi pas…

Ensuite, les armures ne se transportent plus dans une grosse caisse à harnais. Non. Le pendentif style plaque militaire est bien plus tendance et c’est surtout tellement plus léger.

Le sanctuaire est perdu quelque part dans le cosmos et ressemble à une base spatiale. Pour ouvrir la brèche éblouissante qui mène à ce lieu mythique, il faudra combiner pas moins de quatre armures.
Vous pouvez oublier les vols pour la Grèce via une compagnie low cost. Le berceau des Chevaliers s’est éclipsé vers d’autres cieux !

Ce ne sont là que quelques unes des énoooormes incohérences qui ponctuent ce film mal ficelé au scénario souvent incompréhensible.
On a le désagréable sentiment que le réalisateur ignorait totalement l’existence de la série et qu’une poignée de ses subalternes lui auraient raconté, tour à tour, leur vision de l’histoire.

♫ C’est quelqu’un qui m’a dit… ♪

Une fois au sanctuaire, les choses vont de mal en pis. Comme si c’était possible, allez-vous me dire. Hé bien accrochez-vous à votre souris parce que l’on va friser le ridicule.

Mu (Bélier) porte des lunettes, Milo (Scorpion) est une femme à la chevelure rouge, Shaka (Vierge) n’a pas le temps de tergiverser alors il joue les médiateurs entre Seiya et Aiolia (Lion), DeathMask (Cancer) est un débile profond à l’oeil poché qui se croit au music-hall (oui, il chante la chanson du « Grand Méchant ») et déclare lamentablement forfait et ce, en slip (Athéna ?!… les slips Athéna… Hem, je sors !), Aphrodite (Poisson) est jeté par-dessus le balcon du Grand Pope et meurt comme une crotte en réalisant, cependant, une magnifique rose alors qu’il s’écrase béatement sur le sol.

L’ordre des maisons n’est pas respecté, les deux ou trois combats sont rapidement expédiés et la cerise sur le pompon du marin… Athéna accompagne notre joyeux groupe de gais lurons qui se servent d’elle comme laissez-passer.

Des fois que l’on oublierait ce petit détail, Mu nous rappelle que les Chevaliers d’or possèdent une puissance égale à celle des dieux… Apparemment, c’était avant que l’un d’eux ne goûte au Météore de Pégase !
Starlight Extinction dans ta face ?! De la grosse gnognotte en boîte !
Il ne faut pas plus de 35 secondes au bronze pour terrasser l’or.

Et tant qu’on y est… les poses à la Power Rangers avec les casques multifonctions robotisés et les yeux qui s’illuminent lorsque le cosmos brûle… on en parle ou bien ?!

Non ?! On élude le sujet ?!

Okay… causons de ce cher Ikki alors.
Dans l’anime, Shun (Andromède) passe sa vie à pleurnicher des « Ikkiiiiiiiii, mon frèèèèèère ». En un claquement de doigts et comme par miracle, Ikki apparaît,en roulant des mécaniques et en fronçant ses gros et épais sourcils broussailleux.
Bon, c’est gavant mais… à force, on s’y habitue.

Dans le film, il débarque sempiternellement par intermittence (c’est son p’tit régal à lui!) mais par contre, ici, il le fait sans se présenter, ni être appelé par le trémolo de la voix de son frère.
Hop ! Tu m’vois ! Tu m’vois plus !
Les spectateurs qui ne connaissent pas Saint Seiya perdent sûrement pied à chacune des apparitions du Phoenix : « Mais bordel !!!!!!! C’est qui lui?! »

Pas très joli ce que je vous baragouine là, pas vrai ? Et encore, sachez que j’écourte au maximum.
Ma déception était si grande au bout de ces 90 minutes, que j’en suis sortie toute étourdie et déconfite mais avec un paquet de venin à déverser.

En bref et si vous ne deviez retenir que les points cruciaux :

  • 28 épisodes condensés n’importe comment en un film d’1h30.
  • Un graphisme magnifique ?! Ha bon ?! Un budget conséquent ?! Ha… Autant pour moi ! J’ai bien failli confondre ce film avec la cinématique d’un des Final Fantasy. Mes yeux piquaient à cause des couleurs saturées, des faisceaux lumineux contrastant avec les décors trop sombres et de l’espèce d’aura floue qui entouraient TOUS les personnages.
  • Une BO de folie ?! … pas de réel souvenirs. Le show de Deathmask façon Disney a effacé ma mémoire sous le choc !
  • Le scénario ?! … Nul et peu fidèle. Trop de libertés prises sans se soucier des sentiments des puristes. C’est honteux.

Alors ? Alors ? Qui a déboursé 11€ pour sa place de ciné ?
Franchement, payez-vous deux kebabs à ce prix-là. Vous aurez plus de plaisir !

C’est un meurtre, vous dis-je. UN MEURTRE !