Le 3ème âge fait de la résistance !

Ecrit initialement pour Corée Voyage

Une des premières choses qui a attiré mon attention, en débarquant à Séoul, c’est la population vieillissante Coréenne.
Vieillissante, oui, mais énergique et véritablement présente ! Ils sont partout ! Du matin au soir ! Ils sont infatigables !

Entre guerres, occupations, récession, époques bien difficiles, la faim et la pauvreté, ils ont traversé le temps en se battant pour les leurs et le pays qui est si cher à leur cœur.

Aujourd’hui que la Corée dépoussière ses cendres et qu’elle se prépare à son envol vers les sommets, le troisième âge est bien plus serein. Il peut se détendre et profiter du temps qui lui reste.
Malgré tout, un won est un won, et le travail c’est la santé ! Hors de question pour ces hommes et femmes de rester inactifs.

J’ai pu me rendre compte de l’importance des anciens et de la place de maitre qui leur est attribuée dans la société et ce, dès l’entrée dans la capitale.

Le nez collé à la vitre du taxi qui s’engageait lentement dans les ruelles de Jongno, je me souviens du sentiment de surprise, en observant les rangées de vieux, accroupis et adossés contre un mur, fumant et bavardant bruyamment.
À leur tour, ils cessaient de parler, trop occupés à dévisager, d’un regard franc, direct, les trois étrangers que nous étions.

Ils m’ont plu très vite ! Adieux beaux gosses du cinéma et de la Kpop ! J’ai trouvé bien plus charismatique que vous !

Alors que le Parisien ne sort que pour squatter les caisses de magasins, le papi Séoulite, lui, aime à vaquer à ses occupations en parcourant la ville à pied ou en métro.
La journée il se pose en bande dans les parcs. Et le soir, les trottoirs sont à lui !

Beaucoup d’entre eux, se retrouvent dans les petits restaurants de quartier ou autour des tables en plastique d’un stand de rue.

Fort de sa position dans la hiérarchie, et curieux par nature, il n’hésite pas à venir vous parler en coréen agrémenté de gesticulations pour se faire comprendre, un sourire barré sur le visage. Affublé d’une chemisette et d’un chapeau, il vous fera un peu penser aux grand-pères de La Havane.

C’est ainsi, que ma sœur et moi, nous nous sommes vu offrir à manger et à boire, spontanément, après quelques mots échangés. Offre que nous avons déclinée car notre accompagnateur masculin n’avait pas l’air d’être compris dans cette invitation. Le papy Coréen est un polisson, sans aucun doute!

Mais attention, si vous chatouillez sa mauvaise humeur, attendez-vous au retour de bâton… ou plutôt de parapluie ! Un vieux, ça se respecte ! Alors, un conseil, écartez-vous de son passage et ne vous asseyez pas bêtement sur les sièges de métro qui lui sont destiné ! Il vous fera lever avec un sermon sur le savoir-vivre !

L’ajumma de plus de 50 ans, est moins oisive. En parfaite matriarche, elle nourrit les bouches affamées des passants en tenant bon nombre des stands de street-food ou des petits restaurants cités plus haut.

Quand elle ne travaille pas, elle fait du sport. Elle marche tout le long du parcours jusqu’à Namsan Tower, elle se sert des machines de musculation que l’on trouve près du fleuve Han ou fait du Tai chi avec une copine.

Son caractère est bien trempé, elle ne s’encombre plus des règles de diplomatie et vous dit les choses comme elle les pense, vous faisant part de son agacement si vous lui faites perdre son temps.

Pourtant l’ajumma sait se montrer maternelle si elle vous a à la bonne. Elle posera ses mains sur vos épaules, ramassera le bol que vous venez de faire tomber en s’inquiétant de votre bien-être ou vous fourrera dans la bouche, une feuille de salade pleine de viande grillée qu’elle aura confectionnée pour vous. L’important pour elle est que votre ventre soit bien rempli.
J’ai été charmée par cette partie de la population trop oubliée chez nous. Voir ces petits vieux, parfois courbés par la dureté de leur vie passée, déambuler en tirant une petite charrette contenant des cartons pliés, s’asseoir à même le sol pour respirer l’air matinal, se promener en tenant leur compagnon amicalement, les croiser dans les allées des gigantesques marchés… Les sentir si vivants, en un mot, ça m’a touchée.

Ils ont fait naître de l’admiration et nous savons tous que l’admiration est la base du respect.
Donc, si vous allez un jour à Séoul, achetez-vous un petit chapeau et taillez un bout de bavette avec eux. Ils en seront ravis!

1 commentaire

  1. C’est tout à fait ça ! C’est bien ce qu’on peut observer dès qu’on met les pieds en Corée, notamment le fait que les ajumma ne se laissent pas marcher sur les pieds, et qu’il ne vaut mieux pas se trouver sur son chemin ! Ce qui est le plus marquant, je trouve, c’est leur énergie, notamment dès qu’on part en randonnée, on est sûr que les « petits vieux coréens » vous dépasseront sans problème pendant que vous peinez dans la montée !

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