Zeni Geba

SYNOPSIS

Gamagori Futaro est un gentil garçon d’environ dix ans. Son quotidien n’est guère facile : entre le regard hostile que lui portent ses camarades à cause de sa pauvreté et les apparitions succinctes de son père, un homme violent préférant l’alcool et les femmes à sa famille depuis le jours où il a perdu son emploi, Futaro tente tant bien que mal d’arrondir le maigre revenu que perçoit difficilement sa mère malade (videuse de poisson dans le port voisin) en faisant différents petits boulots comme livrer les journaux, etc.
Mais tous ses efforts sont balayés avec les retours fracassants de son père en quête des petites économies durement amassées.
C’est notamment lors d’un de ces soirs, qu’à bout, Futaro tente de faire face à son père en l’attaquant avec une batte de base-ball. Mais la lutte tourne vite court.
Futaro, brutalement poussé vers un coin de table, est profondément entaillé à l’œil gauche.
Faute d’argent, il ne peut espérer se faire opérer, et doit garder cette affreuse cicatrice qui le stigmatise encore plus aux yeux de la société.
Sa mère, de plus en plus malade, ne peut financer le traitement qui pourrait la guérir et décède soudainement.
Désormais seul, livré à lui-même, Futaro prend conscience de l’impact et de l’ascendant que peut avoir l’argent sur le monde et les hommes.
A partir de cet instant sa seule préoccupation est l’appât et l’accumulation du gain quelque soit le prix.
Cette obsession qui le consume littéralement le mène quelques années plus tard à élaborer un plan machiavélique où il s’infiltre chez l’une des familles les plus riches de la région : la famille Mikuni.
Pour cela il séduit la fille cadette en se servant de son handicap.
Akane est en effet une proie facile, le visage à moitié mangé par une tache de naissance et de santé fragile. Celle-ci succombera vite face à ses attentions, au grand dam de sa sœur Midori qui soupçonne de plus en plus le caractère arriviste et vénal de futaro.
Car Futaro ne se contente pas d’un simple mariage… Ce qu’il vise n’est autre que le poste de président de la très florissante entreprise de construction navale de la famille, le Mikuni Shipbuilding !


 

 

MV

 

FICHE TECHNIQUE

Titre: 銭ゲバ
Titre (romaji): Zeni Geba
Autre titre: Money Crazy
Pays: Japon
Genre: Drame humain
Épisodes: 9
Chaîne TV distributrice: NTV
Période de diffusion: du 17 janvier 2009 au 14 mars 2009
Horaire de diffusion: le samedi à 21h00
Chanson thème: Sayonara par Kariyushi 58 

 

CASTING

Kenichi Matsuyama: Gamagori Futaro / Nonomura Shinichi
Saito Ryusei: Futaro enfant
Mimura: Mikuni Midori (fille ainée de Mikuni Joji)
Miyagawa Daisuke: Ogino Satoshi (policier)
Kinami Haruka: Akane Mikuni (fille cadette de Mikuni Joji)
Ishibashi Anna: Nonomura Kaori (nièce de Nonomura Haruka)
Suzuki Hiroki: Sugeta Jun (policier)
Takuma Seiko: Nonomura Haruka (sœur cadette de Nonomura Yasuhiko)
Shiho: Kuwata Haruko (domestique de la famille Mikuni)
Yamamoto Kei: Mikuni Joji (président, père de Midori et Akane Mikuni)
Okunuki Kaoru: Gamagori Momoko (la mère de Futaro) / Hiroko (ép.6) (une sans-abri)
Mitsuishi Ken: Nonomura Yasuhiko (gérant d’un petit snack)
Ryo: Nonomura Shoko (femme de Nonomura Yasuhiko)
Shiina Kippei: Gamagori Kenzo (le père de Futaro)

 

ÉQUIPE DE PRODUCTION

D’après l’œuvre originale de George Akiyama, un manga du même nom
Scénariste: Okada Yoshihazu
Producteurs:Kono Hidehiro, Naniwa Toshiaki
Réalisateurs: Otani Taro (ép.1,2,4,6,8,9), Kariyama Shunsuke (ép.3, 5,7)
Musique: Kaneko Takahiro

 

RÉCOMPENSES

60ème Drama Academy Television Awards: Meilleur acteur pour Matsuyama Kenichi et Meilleurs réalisateurs pour Otani Taro et Kariyama Shunsuke

 

 

MON AVIS

Si vous cherchez un drama atypique qui vous change de ce qui se fait habituellement, et que vous n’avez rien contre les ambiances noires et dérangeantes, alors je ne peux que vous conseiller Zeni Geba, car quoique vous en pensiez après l’avoir regardé, ce dont je suis sure c’est qu’il ne vous laissera pas indifférent !

Mais avant toute chose, une petite note explicative sur le titre s’impose : Zeni est un ancien terme japonais signifiant argent et geba fait référence au mot allemand gewalt qui se traduit par contrôle, pouvoir ou violence.

Vous l’aurez compris, le terme Zeni Geba désigne dans le drama, les personnes totalement sous l’emprise de l’argent, ce qui est le cas de Futaro, le personnage principal, brillamment interprété par Kenichi Matsuyama, un acteur que je respecte beaucoup depuis que je l’ai vu joué L dans le film Death Note et qui ici encore nous montre l’étendue de son talent en donnant toute sa dimension au drama.

L’argent, un thème très évocateur par ces temps de crise et de récession, ainsi que le profond fossé qu’il existe entre les classes sociales sont donc les thèmes de fond de l’histoire.

Bon, jusque là, rien de bien novateur vous allez me dire, oui mais voilà, tout l’intérêt du drama repose sur le caractère du héros, ou devrais-je plutôt dire de l’anti-héros, et de son rapport à l’argent.
En effet, Futaro est un personnage sombre, glacial, calculateur, manipulateur et cruel, totalement dénué de morale ou même de sentiments humains.
Il suit sans relâche son objectif, n’hésitant pas à se servir des faiblesses d’autrui (je pense notamment à la pauvre Akane) ou à commettre des actes vraiment répréhensibles et terribles pour y parvenir.

Face à ses agissements, qu’on ne comprend pas toujours tellement ceux-ci s’avèrent parfois extrêmes, on expérimente toute une palette d’émotions allant de la pitié à l’incompréhension, de la fascination à la frustration, du mépris à l’écœurement et à l’horreur !

Durant tout le drama on est tiraillé entre ces diverses émotions n’arrivant jamais à cerner exactement Futaro. On doute, on se dit qu’il ne peut pas être aussi inhumain, qu’il y a peut-être encore une étincelle d’espoir quelque part, que son cœur ne peut pas être aussi insensible.

N’était-ce pas un semblant de détresse et de souffrance qui est apparu, là, fugacement sur son visage ? Et toutes ces nuits torturées de cauchemars, ne serait-ce pas sa conscience qui tente de se réveiller ?

Et alors que l’on est sur le point de ressentir un peu de peine pour lui, que l’on espère sincèrement qu’il pourra trouver un peu de chaleur et de salut auprès de la très joyeuse famille Nonomura qui l’accueille à bras ouverts, vlan, le revoilà parti dans ses machinations et dans de nouveaux accès proches de la démence, anéantissant tout sur son passage.
Et on se dit qu’il est vraiment atteint.
Puis, on le revoit enfant lors de flash-backs (interprété par Saito Ryusei, un très bon acteur en devenir qui a notamment joué le personnage de Koichi dans le drama Ryusei no Kizuna), si innocent, si adorable, si dévoué à sa mère, une mère intègre à la morale irréprochable, qui visiblement a su inculquer les mêmes valeurs à son fils… Alors pourquoi est-il devenu ainsi adulte ? Est-ce à cause de la succession d’évènements malheureux par lesquels il est passé ?
Et bien non, Futaro le dit lui-même, il n’a aucune excuse, il est ce qu’il est et cela n’est en rien une conséquence de son passé.
Et franchement moi je dit bravo, c’est bien la première fois dans un drama japonais qu’un méchant s’assume pleinement sans que les scénaristes essayent de le justifier dans le but de nous attendrir. Mais je conçois que c’est aussi ce qui peut en décontenancer certains, car non seulement futaro est un personnage odieux, révoltant et sans scrupules, mais en plus il faut bien se rendre à l’évidence, un être à la frontière de la folie voir de la schizophrénie !!!
Il suffit de l’entendre se parler à lui-même ou de le voir se tordre de rire en se roulant par terre, je vous assure qu’il fait vraiment froid dans le dos !

Pourtant, et pourtant, ce qui se révèle encore plus terrifiant c’est de réaliser tout d’un coup que même en ayant pleinement conscience du caractère abject de Futaro, on ne peut s’empêcher d’être très attiré par lui et par moment de penser comme lui : Oui l’argent régit le monde, il donne du pouvoir et peut pervertir même les plus honnêtes.
À ce moment on se dit que non, non, non, ce n’est pas possible, pas moi ! Hooo ho ?!!! C’est un fou !!!

Zeni Geba est clairement une descente aux enfers, une plongée vers l’obscurité de l’âme. Les rares instants de bonheur et de vie sont peu à peu inexorablement détruits et tous les personnages qui ont la malchance de croiser sa route sont engloutis.

Seule demeure une lourde sensation d’oppression et d’étouffement amenée essentiellement par le personnage de Futaro.

Il y a malgré tout une personne qui tente de lutter :  Midori, la fille aînée du patron. Bien qu’elle semble plutôt fade dans les premiers épisodes, elle devient de plus en plus intéressante au fur et à mesure que s’installe une relation ambiguë et presque malsaine avec Futaro. Finalement, elle sera le seul adversaire à sa hauteur. Mais là encore, pauvre fille, comment ne pas sombrer dans la démence après tout ça ?!

Le jeu des acteurs est une vrai réussite mais il ne fait pas tout cependant, car la réalisation technique a aussi son importance : l’ambiance feutrée, le faible éclairage sur certaines scènes, les plans de nuit, les lieux et décors en béton, les scènes d’usines grises, la musique très présente composée par Kaneko Takahiro qui se diffuse doucement tout le long du drama au rythme des trompettes, tout cela renforce notre sentiment de malaise, d’angoisse et d’étouffement.

En revanche, personnellement je n’ai pas très bien compris l’utilité de certains plans étranges qui apparaissent renversés une fois à droite, une fois à gauche. C’est peut-être une volonté de déstabiliser davantage le téléspectateur en lui faisant perdre ses repères, je ne sais pas, toujours est-il que je n’y ai pas été particulièrement sensible.

En conclusion, Zeni Geba est vraiment un drama des plus étranges qui vous laissera un désagréable goût très amer dans la bouche, mais son scénario intelligent, sa réalisation astucieuse et l’interprétation parfaite de ses acteurs en font un drama à l’atmosphère unique, et rien que pour ça j’aimerais qu’il gagne à être connu.

Déroutant, troublant, effrayant, on ne sait jamais sur quel pied danser et ce jusqu’au dernier épisode, particulièrement réussi, d’ailleurs !
Je n’en dirais pas plus pour ne pas spoiler mais quelle fin électrochoc et perturbante, on ne peut s’empêcher de frissonner ! Elle reste totalement fidèle à l’esprit du drama, et nous laisse bouche bée une fois de plus.
Pour finir, je ne dirais qu’une chose : si un jour quelqu’un traverse la route sans crier gare juste devant votre voiture, méfiez-vous !!! Il se pourrait que ce soit un Zeni Geba !
Écrasez-le !!!!


 

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