From SEOUL to VARANASI – Film

SYNOPSIS

Young Woo et Ji Young sont mariés depuis une dizaine d’années. Il est éditeur. Elle est femme au foyer. Ji Young suit des cours de yoga afin de rester en forme et rentre toujours à l’heure pour préparer le dîner à un mari, souvent absent, qui ne la regarde même plus.
Et pour cause, Young Woo a une aventure avec Su Yeon, une des écrivaines travaillant pour sa maison d’édition.
Un jour, en sortant de ses cours, Ji Young percute le panneau d’un restaurant, en faisant une marche-arrière. Le propriétaire sort et lui crie dessus dans une langue étrangère. Arrive un de ses employés, Kerim, qui rassure Ji Young et prend ses coordonnées pour les frais de réparation.
Kerim, après une crise d’épilepsie est transporté à l’hôpital qui appelle Ji Young immédiatement. Son numéro étant le seul que les infirmières aient trouvé.
Ils se rencontreront à plusieurs reprises se laissant aller à des sentiments interdits entre un étranger musulman et une Coréenne mariée. Jusqu’au jour où Kerim est contraint de quitter le pays. Ji Young va alors le suivre jusqu’à Varanasi….

Casting :
Yoon Dong-Hwan – Young Woo
Choi Won-Jung – Ji Young
Nollaig Chandra Vedan Walsh – Kareem

Infos :
Titre: From Seoul to Varanasi
Autre titre: Baranashi / 바라나시
Réalisateur: Jeon Kyu-Hwan
Auteur: Jeon Kyu-Hwan
Producteur: Choi Mi-Ae
Sortie: Octobre 2011
Durée: 96 min.
Pays: Corée du Sud

MON AVIS

C’est difficile de donner une impression précise. Je n’ai pas détesté et je n’ai pas aimé pour autant. Si j’avais le temps et si ma liste de « Choses à regarder » n’était pas si longue, je visionnerais ce film une seconde fois afin de me décider une bonne fois pour toute.
La réalisation, elle-même, vous fait des noeuds entre les sphères du cerveau.
C’est un peu comme si vous aviez un scénario écrit sur des pages volantes, que vous faisiez tout tomber et que vous relisiez tout en essayant de les reclasser.
En fait… non, pas tout à fait. Parce que, mine de rien, il y a une suite logique, dont on ne se rend pas forcément compte.

Ce serait plutôt comme si vous aviez un livre entre les mains, le résumé sous les yeux. Il vous attire alors vous entamez la première page. Et puis, finalement, vous êtes trop impatient (ou au contraire, trop blasé) alors vous vous rendez directement à la page 50. Un détail vous a intrigué, cependant. Ce qui vous convint de revenir en page 2. Et ainsi de suite, jusqu’à ce que vous ne vous souveniez plus du numéro de la précédente page. Vous avancez et reculez dans l’histoire en sautant des passages que vous n’avez plus qu’à rechercher, guidé par un mince fil rouge.

Ma première remarque assassine, à part que l’on a du mal à tout suivre, concernerait les scènes érotiques. Du cul, du cul, du cul, TROP de cul!
Mr trompe Mme avec une des écrivaine qu’il couve sous son aile moite de transpiration et de désir charnel. Soit!
Pas la peine de nous faire tous les dessins du kamasutra, on le comprend très vite. Les quelques scènes du début auraient amplement suffit. Je ne suis pas prude, ni une sainte effarouchée. Sauf que je n’en saisis pas la visée  et ce qu’elles apportent de plus au film.
Elles sont là pour souligner une phrase que prononce le protagoniste et qui ressemble à peu près à cela: « Les hommes doivent avoir le pouvoir et dominer. Les femmes se soumettent et se cachent derrière ce pouvoir par instinct de survie. Mais pas toutes. »

Alors qu’il prend du plaisir avec sa maîtresse, qui le domine au lit; avec sa femme, c’est l’inverse. Young Woo est le mâle dominateur qui ne se préoccupe que de son bien-être physiologique. Triste réalité, bien nombre de fois constatée.
Mais malheureusement, le réalisateur, insiste un peu trop sur les relations d’alcôve des deux amants. Ce qui devient lassant au lieu de la fièvre qu’il pensait sûrement inoculer au spectateur.

La deuxième critique portera sur la lenteur, les couleurs et le schéma du film. L’ambiance, en un mot.

Des couleurs froides et sombres pour Seoul. Du bleu, du vert ou du gris sont autant de filtres utilisés sur les images. Ce qui octroie à la ville, un aspect bétonneux, un peu sale, triste, qui, selon moi, dessert intentionnellement la magnifique Seoul.

Pour Varanasi, c’est les couleurs chaudes des épices qui sont choisies: du jaune tirant sur l’ocre. Une bonne idée de base si ce n’est que les couleurs sombres ne nous aident pas à ouvrir la paupière déjà morne et tombante. Le contraste avec le jaune (néanmoins vieilli) est, lui, légèrement agressif. La rétine en prend un sacré coup. Je n’ai pas trop apprécié de plisser les yeux à chaque retour, inattendu, en Inde.

J’en viens donc à la lenteur exaspérante. Si l’on vit l’existence névrosée des personnages, il n’en reste pas moins un goût insipide dans la bouche. Ballottés d’un point à un autre sans réelle attache, on décroche trop rapidement. J’ai cru que toutes ces scènes mélangées allaient cesser leur va-et-vient pour reprendre un cours normal vers le milieu du film. Une fois que l’on avait rassemblé le fait que l’homme trompe sa femme, que sa femme solitaire se laisse bercer par l’illusion d’une amourette exotique, que la maîtresse n’est qu’une pauvre fille désespérée et que le futur amant est un homme perdu en quête de foi divine… Hé bien, j’ai eu l’audace de croire que tous ces pans de vie se rangeraient en ordre chronologiquement.
Que nenni!
Jusqu’à la fin, les voyeurs que nous sommes, assisteront à ce capharnaüm cinématographique, à ma grande déception. Pour la parenthèse, les personnes assises derrière moi, dans la salle, gesticulaient et soupiraient bruyamment. Ils ont dû arracher un morceau d’accoudoir à force de s’y agripper de douleur, vu la migraine qu’ils s’étaient, certainement, chopée.

Quelques failles… Bon, « faille » n’est pas ce qu’il y a de plus approprié… incompréhensions, suis-je supposée dire, viennent entacher ce bilan déjà négatif. Kerim est épileptique… On ne saura jamais pourquoi. De même que l’enfant qui est au sol et que Ji Young manque d’écraser. C’est peut-être cet épisode qui l’a décidée à partir pour Varanasi, rejoindre son amant… Une zone obscure. Ji young est enceinte. On le devine en la voyant vomir dans les toilettes. J’ai donc une question: Qu’est-ce qui pousse une femme enceinte à suivre un flirt, dans un pays inconnu et sujet aux attentats? Qui plus est quand cet homme vous affirme que sa religion lui interdit de se marier à une personne différente de lui? Je suis une femme moi aussi mais je dois avouer que ses motivations m’ont parue impénétrables…

Parlons du côté positif. Oui, il y en a un.
Ce que j’ai retenu de mieux dans ce scénario, c’est la critique de la société (en général, pas uniquement Coréenne) qui est dépeinte ici.
Le couple sans histoire, ennuyeux et ennuyé, où les deux parties ne trouvent plus de saveur à cette idylle fatiguée. Typique! Young Woo le mentionne très bien: « Quand ta femme est présente, tu ne la vois pas. C’est une habitude. Mais quand elle part, tout devient vide. »
Ji Young oeuvre a éveiller la curiosité de son mari à son sujet mais n’y arrive pas. Il ne l’écoute pas, se moque de ce qu’il lui arrive. Il mange, tire son coup une fois de temps à autre et basta.
Avec Su Yeon c’est autre chose. Il ne jure que par sa culotte mais le manque de communication évidente nous interpelle. Ces deux là n’ont rien à se dire. Su Yeon joue les femmes fortes et en tant que telle, elle n’avoue pas qu’elle est une femme en maque d’amour, elle aussi. Elle percute finalement qu’elle espère pour rien et tourne la page sans une parole (mais en se teignant les cheveux).
Kerim est musulman. Orphelin, élevé au Canada, il ne peut effacer son faciès qui le place en porte-à-faux face à la société Coréenne. Contrôle de police musclé, besoin d’un garant pour se faire soigner, expulsion du territoire, tout y est.
Il a gardé un lien étroit avec ses origines que ce soit, culinairement ou religieusement. Il est respectueux mais se laisse manipuler par un ami, au nom de dieu. On comprend qu’il prospecte intérieurement pour donner un sens à sa vie jusqu’au moment où celle-ci prendra fin.
Tous ces gens, sont des personnes écorchées, déçues par leur destinée, guidées par l’espoir d’une lueur de bonheur. Et ça, j’ai vraiment aimé!

Je m’épate toute seule!!!! Pour quelqu’un qui ne savait pas trop comment aborder ce long-métrage, j’en ai écrit des tonnes! Néanmoins, c’est un peu ce que j’expliquais: Je ne me suis pas délectée de ce drame humain et pourtant quelque chose a titillé mon inconscient, quelque chose d’indescriptible… Ne serait-ce pas à cause ce schéma scénaristique, justement, qui vous force à être en alerte et sous tension?
Toujours est-il que ce soit en bien ou en mal, on ne reste pas insensible à FROM SEOUL TO VARANASI.

Perturbant, n’est-il pas….

 

Hum ? Oui, j'écoute !

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