Le Temple de la Street-Food est resté sur le Carreau !

 WARNING : Critique négative (J’vous aurais prévenus !)

 


Du 25 au 27 septembre s’est tenu un événement qui me semblait incontournable et sur lequel je souhaiterais revenir : LE STREET-FOOD TEMPLE #2 au Carreau du Temple.

En cette année d’amitié et de partage entre la France et la Corée, le Pays du Matin Calme était à l’honneur de cette seconde édition du rassemblement de la bouffe de rue.


 

Pour cette seconde édition, Street Food Temple met la Corée du Sud à l’honneur avec l’installation d’un jujeom (bar coréen), la mise en place d’ateliers de kimbab, kimchi, geon ou encore hotteok cupbab et d’une épicerie fine. Une rue coréenne reconstituée proposera à l’extérieur une dizaine de spécialités grillées, frites et sautées. Enfin, des performances et installations d’artistes coréens viendront pimenter une programmation culinaire riche et goutue. Vous avez faim ?

Site du Carreau du temple

 


OUI ! OUI ! MOI ! MOI ! MOI !

Une rue Coréenne reconstituée… des performances d’artistes… Mais, ma parole, c’est comme se promener à Séoul, ça !!!! Il faut ABSOLUMENT que j’y aille !

Je me voyais déjà, déambulant au milieu des stands, souriant à une grand-mère en tablier affairée à servir un badaud affamé, et grignotant amoureusement un Bungeoppang (gaufre fourrée à la pâte de haricots)….

Voici mon état d’esprit quelques jours avant le lancement de ce week-end gastronomique.

Le jour de l’ouverture, entre envie et excitation, je brûlais quasiment de ferveur en découvrant les premières photos sur les réseaux sociaux.

Première surprise : Photos en nombre limité et se ressemblant toutes quel que soit l’auteur. Heeeu… ?

Ce détail aurait dû instiller un peu de méfiance en moi mais pensez-vous ! J’avais bien trop idéalisé ma future sortie. Et puis, il faut dire que les commentaires raccordés à ce peu de photos ne laissaient aucun doute quant à la superbe de l’événement. Pourquoi s’en inquiéter ?

Il y a une autre subtilité qui m’a échappée. Et pas des moindres…
« Temple de la street-food » n’a jamais signifié « Temple de la street-food Coréenne » !
Sauf que cruche que je suis, l’idée de me renseigner plus en profondeur sur le sujet ne m’a même pas effleurée.

Samedi en début de soirée, avec tous ces « quiproquos » en poche, j’embarque ma petite famille en direction de Paris.
Loin d’être une mince affaire à cause d’un trafic routier plutôt intense et du manque de place pour se garer, nous arrivons l’estomac dans les talons et complètement exaspérés.

En passant près du Carreau du Temple, j’aperçois ladite rue Coréenne reconstituée… Mon empressement retombe instantanément comme un soufflé.
C’est une farce ?! Sommes-nous au bon endroit ?
Une rue ? Un bout de rue, vouliez-vous dire ?
Le long d’un trottoir, en parallèle d’un des murs du Carreau du Temple trônent quelques chapiteaux s’apparentant à ceux des marchés de noël.
Des lampions traditionnels de couleur rouge et bleu ornent les arbres.

Juste avant de pénétrer en pseudo sol Séoulite, deux filles manquent de me bousculer. L’une crie à l’autre : « On passe de l’autre côté. Ils font ch**r , les Coréens ! »

Hoooou, sympa l’ambiance ! Ne rêvons pas, nous sommes bien en France !

Cependant, ignorons le comportement de jeunes rustres incultes.

Nous voici devant le premier stand.
Il nous propose des gyozas.
Gyozas…?
Ce ne serait pas un peu Japonais par hasard ? Haaaaaaa… attendez ! Il y a écrit « mandus » juste après. Ouf, l’honneur est donc sauf…
Bien que la rue ne soit pas bondée, je ne m’approche pas des stands. Je me contente de les border afin de découvrir les types de plats à déguster.
Le tour est rapidement bouclé. Vous remarquez le dernier lampion sur la photo juste en dessous ? Hé bien, il marque la limite de la rue.
Je compte 6/7 stands à tout casser. Les spécialités cuisinées ne correspondent pas tout à fait à celles qui pullulent pour notre grand bonheur en Corée du Sud.
Aucune bouclette d’ajumma ne pointe le bout de sa fibre capillaire ! Rien que pour ça, toute l’authenticité fiche le camp.

 

Nous avons le choix entre des gyozas-mandus, des brochettes vendues à l’unité (ça c’est normal), des tteokboki (sortes de quenelles faites à base de pâte de riz et de poisson baignant dans une sauce pimentée), des hot-dogs, encore des mandus, et c’est à peu près tout.

Je suis tellement déçue dès le 3 ème stand que je me dirige vers la sortie sans un regard en arrière.
Je suis venue avec l’espoir de savourer des tteokboki… Il n’y en a plus. Le stand ferme.

Un hot-dog alors ? La file d’attente est longue mais ce n’est pas ce qui me crispe. C’est à la vue du prix affiché que je blêmis : 5 euros !!!! 5 EU-ROS, quoi ! On est 5 ! Ce qui nous fait 25 euros ! Pour 5 hot-dogs !

Le reste est tout aussi cher. C’est juste hallucinant !

2000 wons (1,52 €) se transforment en 5 euros en traversant la frontière Française. La TVA sûrement…

Puisque nous sommes sur place, faisons un tour à l’intérieur du Carreau du Temple. Il paraît que le chef Pierre Sang Boyer y est le guest principal. Entrevoir son minois et le prendre en photo raviverait ma flamme vacillante.
J’admire sa conception de cuisine métissée.

Un vigile au ton un peu rude vérifie mon sac et nous entrons dans une vaste salle remplie de tables prises en otage. Le son de la musique est assourdissant. Un groupe joue de la salsa. Il y a du monde partout. Les verres en plastique voltigent à la main des gens qui composent la foule.

Mauvaise idée à nouveau ! Avec deux enfants, c’est la croix et la bannière pour se déplacer.

Dedans, un accueil, des stands gastronomiques, de la bouffe US et l’emplacement du centre culturel Coréen. À cette heure tardive, les membres de ce dernier n’organisent plus d’activités et on les comprend. Ils me semblent épuisés et je ne peux m’empêcher de compatir intérieurement.

Tout d’un coup, je vois un écriteau « PIERRE SANG BOYER ». Requinquée, j’attrape les mains de mes fils et fonce tout droit.

Pas de Pierre Sang Boyer…

Décidément, j’ai une chance du tonnerre, ce soir…

Nos ventres criant famine, nous prenons une sage décision : aller chercher bonheur ailleurs.

Dehors, nous bataillons pour traverser les meutes éméchées à je ne sais quel alcool, en quête de restauration. À ce moment précis, je prends conscience de la signification « Street-food Temple« . Tous les food-trucks populaires qui arpentent les rues de Paris sont présents. (Le Camion Qui Fume, Le Camion Bol, etc…)


 

« Les enfants, un bon hamburger, ça vous dit ?
Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! »

 


 

Je ne sais pas si les prix sont fixés différemment les jours hors convention mais je suis tombée des nues devant des menus à 16€ et des hamburgers à 10€.
Dans ma vision des choses, street-food possède deux significations : produits de qualité et prix très abordables. Cette vision je l’ai rapportée d’Asie et j’ai appris à mes dépends qu’elle ne semble pas valable dans l’hexagone.
J’ai un peu de mal à l’accepter, ce qui me met facilement en rogne qu’on me demande de payer plus cher qu’en restaurant, un produit que je suis contrainte de manger en marchant.

En quelques mots, pour moi et ma petite famille, cette seconde session du STREET FOOD TEMPLE est une catastrophe.
Au contraire pour le reste du monde, elle remporte un franc succès. Et c’est tant mieux.

Si je n’avais pas espéré embrasser à nouveau mes souvenirs d’une Séoul lointaine, j’aurais sûrement rejoint le clan des avis positifs.
Mais comme dirait ma soeur bien avisée : « Le seul endroit où tu peux trouver un bout de Corée, c’est en Corée. »

Et ce n’est pas cette adorable ajumma qui la contredira !

Goûte-moi ça ! Tu vas comprendre ce qu’est la vraie street-food, mon petit !

 

Hum ? Oui, j'écoute !

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